POUR RISQUES PHYTOSANITAIRES DU CACAO IVOIRIEN : Le Brésil suspend temporairement les importations

Le Brésil a annoncé, lundi 23 février, une interdiction temporaire des exportations de cacao en provenance de la Côte d’Ivoire, mettant en pause l’un des marchés majeurs hors Europe pour le premier producteur mondial de fèves de cacao. L’information a été publiée au Journal officiel par le ministère d’État de l’Agriculture et de l’Élevage brésilien.
Selon les autorités brésiliennes, cette suspension répond à des risques phytosanitaires majeurs, liés à des mélanges d’amandes de cacao.
« Le flux élevé de fèves provenant de pays voisins vers le territoire ivoirien permet la présence de mélanges d’amandes dans les cargaisons destinées au Brésil », expliquent-elles. La mesure restera en vigueur jusqu’à ce que la Côte d’Ivoire fournisse des garanties formelles assurant que ses exportations ne contiennent pas d’amandes issues de pays voisins dont le statut phytosanitaire n’est pas autorisé.
Pour appuyer cette démarche, le Secrétariat au commerce et aux relations internationales ainsi que le Secrétariat à la défense agroalimentaire brésiliens ont été chargés de mettre en place des procédures de contrôle afin de vérifier d’éventuels cas de « triangulation » de fèves de cacao fermentées et sèches. Les cargaisons jugées à risque pourraient ainsi être refusées à l’importation.
Cette décision intervient alors que la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Brésil dans la filière cacao connaissait un essor prometteur. En 2024, le Brésil représentait un marché d’exportation record pour le cacao ivoirien, avec des ventes atteignant 177 millions de dollars, plaçant le pays sud-américain au 10ᵉ rang des clients du premier producteur mondial. Dans un contexte déjà tendu pour la filière, confrontée à la baisse des prix mondiaux et à la pression des négociants pour réduire le prix aux producteurs, cette décision met en lumière la sensibilité des marchés internationaux aux normes phytosanitaires et souligne l’urgence pour la Côte d’Ivoire de sécuriser ses exportations afin de consolider sa position de leader mondial du cacao.
Moudachirou ALIOU




