CAMPAGNE CAJOU 2026 : Le Burkina Faso privilégie la stabilité face aux incertitudes du marché

Au cœur du bassin mondial de production d’anacarde, l’Afrique de l’Ouest lance progressivement ses campagnes de commercialisation. Après le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Bénin, le Burkina Faso a officiellement donné le coup d’envoi de la saison 2026, misant sur la stabilité des prix et le renforcement de la transformation locale pour consolider sa filière cajou.
Réuni à Ouagadougou le 21 février 2026 pour le lancement des campagnes fruitières, le gouvernement burkinabè a annoncé le maintien du prix minimum bord champ du kilogramme de noix de cajou à 385 francs CFA, un niveau identique à celui appliqué en 2025. L’annonce, faite par le ministre de l’Agriculture Ismaël Sombié, traduit la volonté des autorités de préserver les revenus des producteurs tout en sécurisant l’approvisionnement des unités nationales de transformation.
Ce choix intervient dans un contexte régional contrasté. En Côte d’Ivoire et au Ghana, les prix bord champ ont été revus à la baisse, respectivement de 6 % et 20 %, sous l’effet des incertitudes pesant sur la demande internationale en 2026. Malgré un tarif inférieur à ceux pratiqués chez ses voisins, Ouagadougou privilégie une stratégie de stabilité destinée à soutenir l’industrie locale.
Parmi les mesures clés adoptées cette année figure l’instauration d’une période exclusive d’achat, du 21 février au 1er avril, réservée aux transformateurs nationaux et à la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS). Durant cette phase, les exportations de noix brutes sont suspendues afin d’assurer un approvisionnement prioritaire du marché intérieur et de stimuler la valeur ajoutée locale.
Cette orientation s’inscrit dans la continuité des décisions prises en 2025, lorsque les exportations avaient temporairement été suspendues pour alimenter les usines locales. Avec une production moyenne de plus de 115 000 tonnes entre 2020 et 2024, le Burkina Faso cherche désormais à transformer davantage sa récolte sur place. Reste à savoir si ces nouvelles mesures permettront d’insuffler un véritable nouvel élan à la filière anacarde nationale.
Moudachirou ALIOU




