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PRODUCTION DE TOMATES AU GHANA : La recherche agricole au cœur de la relance

Le Ghana renforce sa coopération scientifique pour améliorer les rendements de la tomate et réduire sa dépendance aux importations. Le 7 octobre 2026, le pays a conclu avec l’Inde un accord de coopération de cinq ans axé sur la recherche agricole, la formation et le transfert de technologies. La tomate figure parmi les premières priorités de ce partenariat, qui vise notamment à introduire des variétés plus productives et mieux adaptées aux conditions locales.

L’accord lie le Conseil indien de la recherche agricole (ICAR), basé à New Delhi, à l’Institut de recherche sur les cultures du Ghana (CSIR-CRI), situé à Accra. Il prévoit le déploiement de technologies agricoles éprouvées, l’introduction de lignées et de variétés de tomates à haut rendement, ainsi que des échanges de scientifiques, de matériel génétique végétal et de connaissances techniques. Des projets de recherche conjoints sont également annoncés. L’entreprise ghanéenne Arima Farms Ltd. interviendra comme partenaire commercial du CSIR-CRI pour certaines activités de recherche et de commercialisation.

Cette coopération répond à un défi de productivité pour l’agriculture ghanéenne. Le pays fait face à un déficit annuel de production de tomates estimé à environ 300 000 tonnes, compensé par les importations. En mars 2026, le ministre de l’Agriculture, Eric Opoku, évaluait le rendement moyen national à environ 8 tonnes par hectare. Il avait alors évoqué un objectif de 20 tonnes par hectare pour de nouvelles variétés développées dans le cadre d’un projet de recherche avec des partenaires nigérians, dont l’entreprise WAKI Farms. Les semences utilisées par les producteurs ont été identifiées comme l’un des facteurs limitant l’amélioration des rendements.

L’expérience indienne pourrait contribuer à lever cette contrainte. Selon les données compilées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Inde a produit 21,3 millions de tonnes de tomates fraîches en 2024, se classant au deuxième rang mondial derrière la Chine. L’Institut indien de recherche sur les légumes (IIVR), affilié à l’ICAR, travaille notamment au développement de variétés capables de mieux supporter les températures élevées et de résister à certaines maladies, dont le virus de l’enroulement des feuilles de la tomate. Dans de bonnes conditions de culture, les références techniques de l’ICAR font état de rendements pouvant atteindre 40 à 50 tonnes par hectare.

Au Ghana, l’amélioration des semences s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de la filière. Le 15 septembre 2026, le gouvernement a lancé la Ghana Tomato Self-Sufficiency Initiative (GHATSI), un partenariat public-privé destiné à stimuler la production locale et à réduire les importations. Le programme vise, à terme, une production annuelle de 400 000 tonnes, avec un premier objectif d’environ 100 000 tonnes pour la campagne 2026-2027. Sa mise en œuvre associe le ministère de l’Agriculture à l’entreprise FarmMate Africa, avec un accompagnement prévu en matière de financement, d’intrants, de transformation et d’accès aux marchés.

Le 17 septembre, les autorités ont également lancé une feuille de route visant à améliorer la disponibilité de semences et de plants de qualité adaptés aux conditions locales, tout en renforçant les capacités nationales de production semencière.

Pour les producteurs ghanéens, l’enjeu sera de transformer ces initiatives en gains concrets dans les champs. La disponibilité de semences performantes devra s’accompagner d’un accès effectif aux intrants, de conseils techniques et de débouchés commerciaux. C’est à cette condition que la coopération scientifique avec l’Inde pourra contribuer durablement à accroître les rendements, à renforcer l’approvisionnement des marchés locaux et à réduire la dépendance du Ghana aux tomates importées.

Moudachirou ALIOU

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