22ᵉ ÉDITION DES JOURNÉES ANNUELLES DE L’ACA : Lomé au cœur d’une mobilisation pour relancer la filière

La capitale togolaise, Lomé, accueille du 5 au 7 mai 2026 les 22ᵉ Journées annuelles de l’Association Cotonnière Africaine (ACA), un rendez-vous stratégique qui réunit les principaux acteurs du secteur coton du continent. Cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement difficile pour la filière, confrontée à une crise à la fois conjoncturelle et structurelle.
Dès l’ouverture des travaux, le ton a été donné. Devant un parterre de professionnels, de décideurs et de partenaires techniques, le président de l’ACA, Kassoum Koné, a dressé un état des lieux préoccupant. Selon lui, la campagne 2024-2025 a enregistré une baisse de 11,5 % de la production dans la zone franc, une tendance qui se confirme pour la campagne 2025-2026 en cours.
Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance. Les aléas climatiques, marqués par des irrégularités pluviométriques, pèsent lourdement sur les rendements. À cela s’ajoute la pression accrue des jassides, des insectes ravageurs qui affectent les cultures, ainsi que les difficultés d’accès aux intrants agricoles. Les défis sécuritaires dans certaines zones rurales compliquent également les activités de production.Sur le plan international, la situation n’est guère plus favorable. Les sociétés cotonnières africaines doivent faire face à des prix bas sur le marché mondial, à une forte volatilité des cours et à des stocks élevés. La concurrence des productions subventionnées accentue davantage la pression, entraînant des tensions de trésorerie et des difficultés d’accès au financement pour les acteurs de la filière.
Au-delà de ces difficultés conjoncturelles, l’ACA met en lumière une faiblesse structurelle persistante depuis sa création en 2002 : la faible transformation locale du coton africain. « Nous exportons encore une trop grande partie de notre fibre à l’état brut. Nous captons encore très peu de la valeur ajoutée », a souligné Kassoum Koné.Face à ce constat, l’organisation appelle à un changement de paradigme. L’ambition est de faire du coton africain non plus une simple matière première exportée, mais un produit transformé localement, soutenu par le développement d’industries textiles, de marques et de créateurs africains.
Malgré les défis, le message porté à Lomé se veut résolument tourné vers l’action. « Face à cette situation, deux chemins s’offrent à nous : le repli et la résignation, ou la mobilisation et l’action collective. Nous avons choisi sans hésiter le second », a conclu le président de l’ACA. Ces assises pourraient ainsi marquer un tournant décisif pour l’avenir du coton africain.
Moudachirou ALIOU




