TRANSFORMATION DES LYCÉES TECHNIQUES AGRICOLES AU BÉNIN: A la découverte des dix nouvelles filières instaurées

L’agriculture béninoise se réinvente aussi sur les bancs des écoles. Dans les lycées techniques agricoles du pays, dix nouvelles filières de formation professionnelle viennent enrichir l’offre existante, ouvrant de nouvelles perspectives aux jeunes en quête de compétences utiles, de métiers d’avenir et d’opportunités d’auto-emploi. Plus qu’un simple élargissement de programmes, cette réforme marque un tournant très important dans la formation agricole résolument tournée vers les besoins réels du secteur, l’innovation et la création de richesses.
Première à attirer l’attention, la filière aviculture, cuniculture et élevage non conventionnel plonge les apprenants au cœur des élevages modernes. Ici, il ne s’agit plus seulement d’élever des poulets ou des lapins de façon traditionnelle, mais de conduire de véritables unités de production performantes. Alimentation raisonnée, reproduction maîtrisée, prévention sanitaire et pratiques durables sont au menu, sans oublier l’escargoticulture, un élevage encore peu répandu mais à fort potentiel économique. Les futurs professionnels sortent armés pour répondre à une demande croissante en protéines animales.
Dans les pâturages et les étables, la filière élevage de bovins et de petits ruminants trace sa voie. Elle forme désormais des apprenants capables de produire du lait, de la viande et d’autres dérivés tout en améliorant les performances des troupeaux. Techniques d’alimentation, gestion sanitaire, conduite des exploitations : la formation se veut complète et adaptée aux réalités locales. Un atout majeur pour dynamiser un sous-secteur clé de l’économie rurale.
Autre filière en plein essor, l’élevage de porcins prépare les jeunes aux exigences d’un élevage moderne et rentable. De la reproduction à la biosécurité, en passant par l’alimentation et la gestion des unités d’élevage, les apprenants acquièrent des compétences solides pour créer et gérer leurs propres exploitations. Une réponse concrète à la demande du marché et une véritable opportunité d’auto-emploi.
Cap ensuite sur les plans d’eau avec la filière pisciculture et aquaculture. Les apprenants y découvrent les techniques d’élevage de poissons et d’espèces aquatiques, apprennent à gérer les plans d’eau, à formuler des aliments adaptés et à assurer le contrôle sanitaire. Cette filière s’impose comme une alternative crédible à la pêche traditionnelle et un levier important pour renforcer la sécurité alimentaire.
Dans les champs et les pépinières, la filière horticulture vivrière et ornementale apporte plus de couleurs et de technicité dans la formation agricole. Gestion des pépinières, irrigation, pratiques agroécologiques, mais aussi stratégies de commercialisation…Les apprenants sont formés pour produire et vendre efficacement. Une filière qui répond aux besoins des marchés urbains tout en valorisant des pratiques respectueuses de l’environnement.
La filière production céréalière et légumineuse répond, elle, au cœur de l’alimentation nationale. Elle forme des producteurs modernes, des chefs d’exploitation, des conseillers agricoles et des transformateurs capables de maîtriser toute la chaîne de valeur. De la production à la transformation, l’objectif est clair : améliorer les rendements, structurer les filières et renforcer la sécurité alimentaire.
Très attendue, la filière production de racines et tubercules mise sur des cultures emblématiques comme le manioc et l’igname. Les apprenants y sont préparés à devenir producteurs, agro-transformateurs ou gestionnaires d’unités de transformation de gari et de tapioca. Une manière de valoriser les productions locales tout en créant de la valeur ajoutée et des emplois.
À ces filières s’ajoutent celles de la production de plantes à fibres et textiles, de l’arboriculture fruitière, ainsi que du palmier à huile et du cocotier. Elles ouvrent la voie à la diversification agricole, à la transformation locale et à l’exploitation durable de cultures de rente stratégiques. Fruits, fibres, huile et coprah deviennent ainsi des sources de revenus mieux structurées et plus compétitives.
Proposées dans les lycées techniques agricoles du Bénin, ces dix nouvelles filières incarnent une vision claire. Il s’agit de faire de l’agriculture un secteur attractif, moderne et porteur d’emplois pour la jeunesse. En renforçant l’employabilité, en encourageant l’auto-emploi et en professionnalisant les chaînes de valeur agricoles, elles positionnent la formation comme un moteur essentiel du développement économique. Une agriculture qui se construit désormais autant sur le terrain que dans les salles de classe, avec une jeunesse formée pour nourrir le pays et bâtir l’avenir.
Nadjahatou BAGUIRI




