RECRUDESCENCE DES CONFLITS AGRO-PASTORAUX : La cohésion sociale en péril dans certains villages au nord du Bénin

Les conflits agro-pastoraux demeurent une réalité persistante dans plusieurs communes du Nord du Bénin. À Nikki, Kalalé et Pèrèrè, la tension est vive entre agriculteurs et éleveurs, sur fond d’accusations récurrentes et de méfiance croissante.
Points d’eau supposément contaminés, pommes de cajou empoisonnées, divagation de bétail : les griefs fusent de part et d’autre, alimentant un climat d’inquiétude dans les villages concernés. Les populations, prises entre peur et incompréhension, redoutent une escalade des représailles.
Selon une enquête menée par la Su Tii Déra, un incident majeur est survenu le 19 février 2026 à Tontarou, dans la commune de Nikki. Trois bœufs auraient péri après avoir consommé des pommes de cajou empoisonnées. Quelques jours plus tard, le samedi 28 février 2026, un cas similaire a été signalé à Kpébié, dans la commune de Pèrèrè, où trois autres bœufs sont morts dans des circonstances identiques.
Ces événements ravivent les tensions dans une zone où l’agriculture et l’élevage constituent les principales sources de subsistance. Chaque perte de récolte ou de bétail représente un coup dur pour des ménages déjà fragilisés.
Face à la situation, le Coordonnateur de l’Équipe pluridisciplinaire de la Zone 3 à la DDAEP-Borgou a appelé au calme au micro de la radio locale. Il a exhorté les populations à éviter toute justice privée et à privilégier les voies légales pour le règlement des différends.
Dans un contexte marqué par la pression foncière et les défis climatiques, le renforcement du dialogue communautaire apparaît plus que jamais indispensable pour préserver la cohésion sociale.
Moudachirou ALIOU




