LUTTE CONTRE LA GRIPPE AVIAIRE EN AFRIQUE DU SUD : La vaccination adoptée pour protéger la filière avicole

Premier producteur avicole du continent africain, l’Afrique du Sud amorce un tournant majeur dans sa stratégie de lutte contre la grippe aviaire. Le ministère sud-africain de l’Agriculture a officialisé, le 3 juin dernier, l’intégration de la vaccination contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) dans son dispositif sanitaire national.
Cette décision marque une évolution importante après plusieurs années marquées par de graves épizooties ayant lourdement affecté l’industrie avicole du pays. Jusqu’ici, les autorités privilégiaient la stratégie dite de « stamping-out », consistant à abattre systématiquement les volailles infectées ou exposées afin de contenir rapidement les foyers de contamination.
Cependant, cette approche a montré ses limites lors de la crise de 2023, considérée comme la pire flambée de grippe aviaire enregistrée dans le pays. Les souches H5N1 et H7N1 avaient entraîné l’abattage d’environ 10,5 millions de volailles, soit près d’un tiers du cheptel national. Les pertes économiques avaient dépassé 529 millions de dollars, provoquant également une baisse de l’offre de viande de volaille et d’œufs sur le marché.
Face à cette situation, les autorités ont progressivement envisagé une approche vaccinale. Depuis 2025, plusieurs projets pilotes ont été lancés dans de grandes exploitations industrielles. Le groupe Astral Foods, principal producteur de volaille du pays, a notamment obtenu l’autorisation de vacciner une partie de son cheptel contre les souches H5 du virus.
Selon le ministre sud-africain de l’Agriculture, John Steenhuisen, cette nouvelle politique permettra de protéger les moyens de subsistance des éleveurs, préserver les emplois agricoles et limiter l’impact des flambées sur les prix alimentaires.
La stratégie retenue repose désormais sur une approche hybride combinant vaccination, renforcement de la biosécurité, surveillance épidémiologique et contrôle sanitaire. Une réforme qui pourrait inspirer plusieurs pays africains confrontés à la recrudescence de la grippe aviaire.
Moudachirou ALIOU




