ANANAS « PAIN DE SUCRE » DU BÉNIN RAPPELÉ EN FRANCE : L’ABSSA défend la fiabilité des contrôles béninois

À l’occasion d’une conférence de presse organisée le mercredi 10 juin dans le cadre de la Journées Internationales de la Sécurité Sanitaire des Aliments (JISSA) 2026, le directeur général de l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (ABSSA), Kinnou Kisito Chabi Sika, est revenu sur le rappel en France d’un lot d’ananas « Pain de Sucre » exporté depuis le Bénin pour excès présumé de résidus de pesticides.
Selon les explications fournies par le responsable de l’ABSSA, le lot concerné avait pourtant été contrôlé et déclaré conforme avant son expédition. Les analyses réalisées au Bénin n’avaient révélé aucune anomalie. Ce n’est qu’après un prélèvement effectué en France qu’un dépassement des limites européennes de résidus de pesticides aurait été détecté, entraînant le retrait du produit du marché.
Face à cet écart entre les résultats obtenus au Bénin et ceux enregistrés en France, plusieurs hypothèses sont actuellement étudiées. La première concerne les méthodes d’échantillonnage utilisées dans le cadre des contrôles sanitaires. Le directeur général de l’ABSSA a rappelé que les analyses sont effectuées à partir d’échantillons représentatifs et non sur l’ensemble des fruits composant une cargaison. « Lorsqu’on fait un contrôle sur une cargaison de plusieurs milliers de fruits, on ne peut pas analyser chaque fruit individuellement », a expliqué Kinnou Kisito Chabi Sika.
Une autre piste évoquée concerne la traçabilité du lot exporté. Les investigations en cours devront permettre de vérifier si les fruits effectivement expédiés correspondaient bien à ceux ayant fait l’objet des prélèvements et analyses initialement réalisés au champ.
Le directeur général de l’ABSSA a également tenu à défendre la crédibilité du dispositif béninois de contrôle sanitaire. Selon lui, les analyses sont effectuées avec des équipements répondant aux standards internationaux, suivant des méthodes accréditées et par des techniciens qualifiés. « C’est la même technologie que celle utilisée en Europe », a-t-il insisté.
À la suite de cet incident, l’ABSSA annonce déjà un renforcement de son dispositif de contrôle. Désormais, en plus des prélèvements réalisés au niveau des exploitations agricoles, des échantillons seront également prélevés à l’aéroport avant l’expédition des produits. Une mesure destinée à améliorer davantage la traçabilité et à sécuriser les exportations béninoises vers les marchés internationaux.
Moudachirou ALIOU




