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CACAO : l’écart de prix entre le Ghana et la Côte d’Ivoire ravive les enjeux de commercialisation

À l’ouverture la campagnes 2026/2027, le Ghana et la Côte d’Ivoire affichent des niveaux de rémunération du cacao fortement différenciés. Une situation qui pourrait influencer les circuits de commercialisation et renforcer l’attractivité des flux transfrontaliers de fèves.

Le Ghana a fixé à 42 400 cedis la tonne, soit environ 3,65 dollars/kg, le prix producteur du cacao pour sa campagne principale 2026/2027, ouverte le 25 septembre. En Côte d’Ivoire, la campagne principale, lancée le 1er septembre, s’est ouverte sur un prix minimum garanti de 1 200 FCFA/kg. L’écart de rémunération est ainsi particulièrement marqué entre les deux premiers producteurs mondiaux.

Les mécanismes de fixation diffèrent toutefois. Au Ghana, le Ghana Cocoa Board Act, 2026 (Act 1182) garantit désormais aux producteurs un minimum de 70 % de la valeur brute FOB du cacao. Pour la nouvelle campagne, le COCOBOD a retenu une part de 71,18 %, conduisant au prix de 42 400 cedis la tonne. Lors de la campagne 2025/2026, le prix avait connu plusieurs ajustements sous l’effet de la baisse des cours internationaux.

En Côte d’Ivoire, le prix minimum garanti est normalement établi en référence au prix CAF du cacao. Pour 2026/2027, le gouvernement a retenu 1 200 FCFA/kg, en invoquant notamment le recul des cours internationaux et la nécessité de maintenir un niveau financièrement soutenable pour la filière.

Cette différence de prix soulève également la question des flux transfrontaliers de cacao. Lorsque les conditions de rémunération divergent fortement entre deux pays voisins, les fèves peuvent être orientées vers le marché offrant les conditions les plus rémunératrices. Le niveau actuellement affiché au Ghana pourrait donc accroître l’attractivité de son marché pour des fèves ivoiriennes, au risque de réduire les volumes passant par les circuits officiels en Côte d’Ivoire.

L’ampleur de ce phénomène dépendra toutefois de l’évolution des cours mondiaux, des capacités de financement des acheteurs et du renforcement des contrôles aux frontières. La traçabilité constitue également un outil de surveillance. Le Ghana et la Côte d’Ivoire déploient désormais des dispositifs destinés à mieux identifier l’origine des fèves et à suivre leur circulation.

Pour les deux principales filières cacaoyères ouest-africaines, l’enjeu sera donc de concilier rémunération des producteurs, équilibre financier des systèmes de commercialisation et maîtrise des flux transfrontaliers dans un marché international volatil.

Moudachirou ALIOU

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