GESTION DE LA PÉRIPNEUMONIE CONTAGIEUSE BOVINE AU NIGERIA : La riposte renforcée

Au Nigeria, la péripneumonie contagieuse bovine (CBPP) continue de peser lourdement sur le secteur de l’élevage, pilier essentiel de l’économie agricole. Associée à la fièvre aphteuse, cette maladie figure parmi les plus redoutées par les éleveurs, en raison de ses effets dévastateurs sur le cheptel et les revenus.
Pour y faire face, le ministère du Développement de l’Élevage a annoncé, le 9 avril, la mise en place d’un groupe de travail technique. Cette instance est chargée de proposer des mesures concrètes pour améliorer la lutte contre cette infection bactérienne hautement contagieuse. La CBPP se manifeste par divers symptômes, notamment la fièvre, la perte d’appétit, la toux et des troubles respiratoires parfois sévères. Selon l’Organisation mondiale de la santé animale, son taux de mortalité peut atteindre 50 %, même si les signes cliniques restent parfois difficiles à identifier.
L’objectif principal de cette « task force » est d’élaborer un cadre national de contrôle plus efficace, en mettant l’accent sur le renforcement de la surveillance épidémiologique et l’amélioration des campagnes de vaccination. Une démarche jugée urgente dans un pays où la maladie reste endémique.
En 2025, 131 foyers ont été officiellement recensés dans 17 États, répartis sur l’ensemble du territoire. Des données qui pourraient toutefois être en deçà de la réalité, en raison des limites du système de suivi et de diagnostic.Les pertes économiques engendrées sont considérables. Dans l’État de Taraba, par exemple, 3 500 bovins ont été affectés en 2024, entraînant la mort de 700 têtes et l’abattage de 138 autres pour contenir la propagation.
Une situation qui fragilise l’approvisionnement en produits animaux, notamment le lait et la viande.À ces difficultés s’ajoutent d’autres maladies endémiques comme l’anthrax, ainsi que les contraintes du système pastoral, dominant au Nigeria, et peu productif. Avec un cheptel estimé à 64,8 millions de têtes en 2024, le pays fait face à un défi majeur : moderniser son élevage tout en maîtrisant durablement les risques sanitaires.
Moudachirou ALIOU




