CAMPAGNE AGRICOLE 2026-2027 : le ministre Gaston DOSSOUHOUI affiche des objectifs ambitieux pour la croissance du secteur

Le Bénin a officiellement lancé la campagne agricole 2026-2027 ce jeudi 23 avril à N’Dali, dans le département du Borgou. Acteurs du secteur, autorités politico-administratives et partenaires techniques se sont mobilisés autour des ambitions du gouvernement, axées sur la croissance de la production, la modernisation des pratiques agricoles et le renforcement de la résilience face aux défis climatiques.
« Il n’y a pas de raison de ne pas produire davantage lorsque le marché est garanti. » Par cette déclaration, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche *Gaston Cossi DOSSOUHOUI* a donné le ton de la campagne agricole 2026-2027, appelant à une mobilisation accrue des producteurs face aux défis climatiques et économiques.
Sur le terrain, la campagne a déjà démarré dans certaines localités, notamment dans le Mono, où les producteurs s’activent à l’entretien des champs en attendant l’installation effective des pluies. Toutefois, le ministre invite à la prudence. « Si nous semons maintenant et qu’une rupture de pluies survient pendant plusieurs semaines, …ne faut-il pas s’adapter ? », a-t-il interrogé, plaidant pour une meilleure prise en compte des données météorologiques et des spécificités régionales dans la prise des décisions agricoles.
Ce lancement intervient dans un contexte particulier, marqué par la fin du second mandat du président Patrice Talon. Le ministre a insisté sur la nécessité de maintenir la dynamique en cours. « Il n’y a pas de répit. Nous devons rester actifs et transmettre un secteur toujours en mouvement au prochain gouvernement », a-t-il affirmé.
Revenant sur la campagne écoulée, il a salué les performances enregistrées. La production céréalière a progressé de près de 6 %, avec plus de 2,1 millions de tonnes de maïs et 510 000 tonnes de riz. Les racines et tubercules ont également connu une hausse de 4,5 %, avec notamment 3,4 millions de tonnes d’igname et 4,7 millions de tonnes de manioc. Le coton, dont le Bénin demeure le premier producteur africain, a atteint environ 531 000 tonnes.
Les cultures maraîchères ont enregistré une croissance de plus de 19 %, portée par plusieurs zones de production, tandis que les secteurs de l’élevage et de la pêche ont connu une progression globale d’environ 10 %. Pour le ministre, ces résultats traduisent une agriculture de plus en plus résiliente, soutenue par les mesures d’accompagnement de l’État.Mais au-delà des performances, le gouvernement entend désormais renforcer la protection des producteurs. « Derrière chaque tonne, il y a une femme, une famille », a rappelé le ministre. Dans cette optique, un système d’assurance agricole sera déployé, avec une prise en charge de 80 % des primes par l’État et une couverture progressive de centaines de milliers d’hectares contre les aléas climatiques.
Parallèlement, des réflexions sont en cours pour améliorer l’accès aux soins de santé et à une retraite digne pour les acteurs du monde rural.Pour la campagne 2026-2027, l’objectif est clair : atteindre une croissance globale de 7 %. Les projections annoncent une hausse de 7 % pour les légumineuses, de 46 % pour les légumes frais et de 12 % pour les légumes secs. Dans les filières industrielles, l’accent est mis sur l’intensification des rendements, notamment pour le coton, avec une production visée entre 700 000 et 800 000 tonnes.
La filière ananas devrait franchir le cap de 500 000 tonnes, grâce à l’extension des zones de production au-delà de son bassin traditionnel d’Allada, tandis que l’anacarde est attendu à plus de 250 000 tonnes, soutenu par la réhabilitation des vergers. « Les champs réhabilités ont doublé leur rendement », a-t-il souligné.
Les productions animales ne sont pas du reste, avec une hausse attendue de 8 % pour la viande, 14 % pour les œufs et au moins 5 % pour la production halieutique.Pour soutenir cette dynamique, le gouvernement mise sur plusieurs leviers : la facilitation de l’accès aux intrants agricoles, l’amélioration du matériel génétique, la mécanisation, ainsi que le développement des aménagements hydro-agricoles, notamment à travers la réhabilitation des retenues d’eau et la mise en place de systèmes d’irrigation.
La transformation des produits agricoles apparaît également comme un axe majeur. « Nous ne voulons plus seulement produire, mais transformer et mieux vendre », a insisté le ministre, soulignant l’importance de l’agro-industrie dans la création de valeur. La digitalisation du conseil agricole et le renforcement de l’entrepreneuriat agricole, avec l’appui de partenaires comme la FAO, figurent aussi parmi les priorités.
Rendant hommage aux producteurs, le ministre a salué leur engagement quotidien « sous le soleil et sous la pluie », avant de lancer un appel à la mobilisation générale. « Cette campagne est la vôtre. Elle doit être celle de la consolidation de nos acquis et de la conquête de nouveaux marchés », a-t-il déclaré.
La campagne agricole 2026-2027 est ainsi officiellement lancée, avec l’ambition de renforcer la place du Bénin parmi les grandes nations agricoles du continent.
Fidélia YOVOHI(Collaboration)




