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RELANCE DES ACTIVITÉS DE PÊCHE DANS LES PLANS D’EAU DU SUD-BÉNIN: Un bilan mitigé de la fermeture

Quelques heures avant la levée officielle de l’interdiction de pêche sur le lac Nokoué, la lagune de Porto-Novo et leurs chenaux le 30 avril 2026 , la Direction des Produits Halieutiques (DPH) dresse un premier bilan contrasté. Si les autorités saluent une mobilisation globale des acteurs, elles reconnaissent toutefois la persistance de nombreuses infractions.

La pêche redevient légale depuis le 1er mai à minuit sur les plans d’eau du sud du Bénin. Instaurée pour favoriser la reproduction des espèces halieutiques, la mesure de fermeture saisonnière aura duré un mois. Réunis au siège de la DPH pour évaluer l’application de la décision, les responsables administratifs et professionnels du secteur ont apprécié les avancées.

Une fermeture jugée nécessaire, mais perfectible

Au cours de cette rencontre, les représentants des associations de pêcheurs et les cadres techniques ont échangé sur les résultats enregistrés. Malgré des divergences de points de vue, un consensus s’est dégagé : la fermeture est indispensable à la préservation des ressources halieutiques.

Les organisations professionnelles ont néanmoins plaidé pour une meilleure préparation des prochaines périodes d’interdiction, notamment celle prévue en juillet. Elles recommandent un renforcement de la sensibilisation et un allongement de la durée de repos biologique.Le secrétaire général du Syndicat National des Acteurs de la Pêche du Bénin (SYNAPEB), Fidèle Lokossou, a pointé des insuffisances structurelles. Il appelle à un appui accru de l’État, tant en moyens logistiques pour la DPH qu’en mesures d’accompagnement social pour les pêcheurs affectés par l’arrêt temporaire de leurs activités.

Près de 400 engins saisis en un moisSur le terrain, le bilan fait état d’une surveillance soutenue durant toute la période de fermeture. Selon la DPH, environ 400 engins de pêche ont été saisis pour non-respect de la réglementation.Ces chiffres traduisent à la fois la détermination des équipes de contrôle et la résistance de certains acteurs à se conformer à la mesure. « Si l’on ne permet pas aux poissons de se reproduire, les ressources finiront par disparaître », a averti un responsable de la division en charge de la réglementation.La DPH entend d’ailleurs institutionnaliser ces périodes de repos biologique en les organisant trois fois par an, dans une logique de gestion durable des ressources aquatiques.

Des opérations de contrôle renforcées sur le lac NokouéLe jeudi 30 avril, une patrouille conjointe de la DPH et de la police fluviale a été déployée sur le lac Nokoué. Durant plusieurs heures, les agents ont sillonné les zones sensibles, notamment entre Cotonou et les Aguégués.Malgré la proximité de la réouverture, certains pêcheurs ont été surpris en infraction. Leurs équipements ont été immédiatement saisis, conformément à la réglementation en vigueur. Les autorités insistent sur la tolérance zéro face aux contrevenants, y compris lors des dernières heures de fermeture.

Les femmes mareyeuses en première ligneSi les pêcheurs ont été directement concernés par l’arrêt des activités, les conséquences économiques ont également lourdement affecté les femmes mareyeuses. Privées d’approvisionnement local, nombre d’entre elles ont dû se tourner vers des marchés extérieurs, notamment au Nigéria, ou vers le poisson fumé importé, souvent plus coûteux.

Malgré ces difficultés, certaines professionnelles soutiennent la mesure. Elles y voient un investissement nécessaire pour la pérennité de leur activité et la préservation des ressources pour les générations futures. Elles saluent également les efforts déployés par les agents de la DPH pour faire respecter la réglementation.

Une reprise sous le signe de la responsabilitéLa réouverture officielle de la pêche a été confirmée par les autorités de la DPH. À cette occasion, elles appellent l’ensemble des acteurs à adopter des pratiques responsables afin de consolider les acquis de cette période de repos biologique.

Sur les berges du lac Nokoué et dans les villages lacustres, l’attente était palpable. Pêcheurs et commerçantes se préparaient activement à la reprise, dans l’espoir d’une saison plus productive.Au-delà des contraintes qu’elle impose, la fermeture saisonnière apparaît comme un bon levier pour assurer la durabilité des ressources halieutiques au Bénin. Un défi collectif qui repose sur l’adhésion et la responsabilité de tous les acteurs du secteur.

Fidélia YOVOHI(Collaboration)

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