CÔTE D’IVOIRE : Les coques de cajou désormais transformées en biochar

Premier producteur mondial de noix de cajou, la Côte d’Ivoire poursuit la transformation de sa filière anacarde avec l’inauguration de la première unité commerciale de production à grande échelle de biochar issu des coques de cajou en Afrique. L’infrastructure a été inaugurée le 18 juin 2026 à Attinguié, dans la zone industrielle PK 31, par le ministre ivoirien du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Konaté.
Porté par le groupe singapourien Valency International et l’entreprise Revata Carbon, spécialisée dans la valorisation des déchets agricoles, le projet ambitionne de transformer les coques de noix de cajou, longtemps considérées comme des déchets, en une ressource industrielle à forte valeur ajoutée.
Le biochar est obtenu par pyrolyse de matières organiques chauffées à haute température sans oxyène. Utilisé comme amendement agricole, il permet d’améliorer la fertilité des sols, la rétention d’eau et constitue également une alternative durable au charbon classique. L’usine d’Attinguié prévoit de traiter près de 20 000 tonnes de coques par an pour produire environ 6 000 tonnes de biochar. Les promoteurs envisagent déjà d’accroître les capacités de production afin d’atteindre 100 000 tonnes par an d’ici 2029.
Ce nouvel investissement marque une étape importante dans la diversification de la chaîne de valeur de l’anacarde ivoirien. Jusqu’ici, les revenus du secteur reposaient principalement sur l’exportation de noix brutes et d’amandes de cajou. En 2025, ces exportations ont généré plus de 728 milliards de francs CFA selon les données douanières ivoiriennes.
Au-delà de la filière cajou, cette initiative illustre la montée d’une économie de la biomasse agricole en Côte d’Ivoire. Le pays multiplie les projets de valorisation des résidus agricoles, notamment dans la production d’énergie, avec une centrale biomasse de 76 MW en développement à Divo depuis 2025.
Moudachirou ALIOU




