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PROMOTION DES FILIÈRES AGRICOLES PRIORITAIRES : Voici les conditions pour toucher les primes de Wadagni

Le gouvernement béninois a décidé, en Conseil des ministres du 3 juin 2026, d’accorder une prime de 10 FCFA par kilogramme aux producteurs de coton, de soja, de riz et de cajou, sous réserve de l’atteinte des seuils de production fixés pour chaque culture. Dès lors, les regards sont seulement braqués sur les seuils, mais bien de conditions sont à remplir pour les atteindre afin de prétendre aux primes. Concrètement, quelles sont ces conditions?

Pour atteindre le seuil fixé pour chaque culture, les producteurs doivent en premier lieu respecter les calendriers et les périodes de production. Ils sont également appelés à appliquer les bonnes pratiques agricoles et à utiliser rationnellement les intrants et les équipements. La déclaration sincère des superficies emblavées et des prévisions de production constitue aussi une disposition importante. Les producteurs doivent, par ailleurs, conserver les informations et documents permettant d’établir la réalité de leur production.

Le président de la CNA-Bénin, Imali Hermann Djetta, lors de sa tournée d’explication a insisté sur la nécessité d’une bonne appropriation de ces mesures par les acteurs. « Il nous revient collectivement de veiller à ce que chaque producteur, dans chaque village, dans chaque commune comprenne les mesures prises par le Gouvernement et puisse en tirer pleinement bénéfice en prenant les dispositions qui s’imposent à cet effet », a-t-il déclaré.

Les exigences portent également sur la qualité et la conservation des produits. Les producteurs doivent contribuer à la disponibilité de volumes suffisants pour approvisionner les marchés et les unités de transformation nationales. Ils sont notamment appelés à récolter les produits au stade approprié, à assurer un séchage et une conservation adéquats et à respecter les taux d’humidité requis.

La réduction des impuretés et des corps étrangers, le tri et le conditionnement font également partie des dispositions à respecter. S’y ajoutent l’utilisation appropriée des produits phytosanitaires, le respect des délais avant récolte, lorsque cela est applicable, ainsi que la prévention des contaminations. Les produits doivent enfin être stockés dans des conditions appropriées afin de préserver leur qualité jusqu’à leur commercialisation.

Sur le plan de la commercialisation, les producteurs doivent connaître les mécanismes officiels de leur filière et s’informer sur les conditions du marché ainsi que sur les prix applicables. Les circuits formels et transparents de vente sont à prioriser. Le respect des engagements pris avec les acheteurs devra être aussi de mise.

La traçabilité des opérations constitue également une exigence importante. Les producteurs doivent respecter les calendriers et les lieux de livraison, mais aussi exiger et conserver les preuves de livraison et de paiement. Ils sont appelés à éviter les opérations non documentées, susceptibles de compromettre la traçabilité de leurs produits.

Pour le soja, le riz et le cajou, les producteurs sont en outre invités, lorsque les conditions économiques et commerciales sont réunies, à privilégier les mécanismes organisés d’approvisionnement des unités locales de transformation. Cette orientation vise notamment à favoriser la transformation de la production sur le territoire national.

Le respect de ces dispositions ne constitue toutefois pas le seul enjeu. Le versement de la prime reste également lié à l’atteinte des seuils de production fixés par le gouvernement pour chacune des quatre filières au titre de la campagne 2026-2027. L’objectif est de 700 000 tonnes pour le coton, 450 000 tonnes pour le soja, 350 000 tonnes pour le riz et 200 000 tonnes pour le cajou.

Au final, bénéficier des primes annoncées par l’État suppose de respecter plusieurs exigences, de la production à la commercialisation. Les producteurs doivent produire dans les règles, préserver la qualité de leurs produits, assurer leur traçabilité et respecter les mécanismes de commercialisation prévus. À ces conditions s’ajoute l’atteinte des seuils nationaux fixés pour le coton, le soja, le riz et le cajou, qui demeure déterminante pour la mise en œuvre effective de ces mesures incitatives.

Nadjahatou BAGUIRI

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