EAU ET PRODUCTION AGRICOLE : Cotonou, capitale des innovations

Les enjeux liés à l’eau et à la production agricole seront au cœur d’un grand rendez-vous à Cotonou du 20 au 22 octobre 2026. Le Palais des Congrès accueillera la 3ᵉ édition de la Semaine de l’Eau et de l’Assainissement, placée sous le signe de l’innovation et de l’inclusion numérique. Une rencontre qui entend explorer les solutions technologiques susceptibles d’améliorer la gestion de l’eau et d’accompagner la transformation durable de l’agriculture béninoise.
Organisée par l’Institut National de l’Eau de l’Université d’Abomey-Calavi, la rencontre réunira chercheurs, décideurs, acteurs du secteur privé, start-up, étudiants et partenaires techniques.
Plus de 300 participants d’une quinzaine de pays sont attendus, avec plus de 50 communications scientifiques et une vingtaine de stands consacrés aux innovations.
Pour le secteur agricole, l’intérêt de cette rencontre réside dans le rapprochement entre gestion de l’eau, innovation technologique et production. L’un des axes scientifiques porte précisément sur la transformation numérique et la gestion de l’eau, de l’assainissement et de l’agriculture. Les discussions devraient ainsi s’intéresser à l’agriculture de précision, aux outils numériques, à la gestion intégrée des ressources hydriques et à la gouvernance de l’eau.
La question est stratégique pour les nouvelles autorités en charge de l’agriculture, de même que pour les producteurs béninois, dans un contexte où les activités agricoles au Bénin restent encore tributaires des saisons.
L’agriculture reste fortement dépendante de la disponibilité et de la régularité des ressources hydriques, alors que les variations climatiques compliquent la planification des campagnes.
Dans un tel contexte, les données météorologiques, la télédétection, les systèmes de surveillance et l’intelligence artificielle peuvent contribuer à mieux suivre les cultures, anticiper certains risques et optimiser l’utilisation de l’eau.
La conférence inaugurale du 20 octobre portera notamment sur le thème « innovation numérique et l’IA : nouveaux leviers pour la gestion durable de l’eau et de l’agriculture ».
D’autres communications seront consacrées à la valorisation des données pour l’eau et l’environnement ainsi qu’à l’agriculture de précision.
La rencontre ne sera toutefois pas limitée aux échanges scientifiques. Des stands permettront aux participants de découvrir différentes solutions technologiques. La compétition PriMI mettra également en lumière des innovations sélectionnées dans plusieurs domaines. Dix innovations doivent être présentées au public le 22 octobre, avant la délibération du jury et la remise des prix.
Les ressources en eau et les écosystèmes seront également au centre des discussions à travers un panel consacré à l’Observatoire du complexe Mono-Ahémé-Couffo. Les échanges porteront notamment sur la production de données fiables, l’écohydrologie, la réhabilitation des écosystèmes et la gouvernance des ressources hydriques.
Pour l’agriculture béninoise, l’enjeu dépasse donc la seule disponibilité de l’eau. Il s’agit aussi de mieux connaître les ressources, anticiper les risques climatiques et fournir aux producteurs des outils d’aide à la décision. Mais pour que ces innovations produisent un impact réel, leur accessibilité, leur coût et la formation des utilisateurs devront être pris en compte.
Moudachirou ALIOU




