AGRIBUSINESS AU BÉNIN : Un appel à plus d’inclusion féminine pour renforcer ce levier de développement

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, des acteurs du secteur agricole ont appelé, le 20 mars 2026, à renforcer l’autonomisation économique des femmes et des jeunes dans l’agribusiness béninois.
Au Bénin, l’agriculture demeure un pilier central de l’économie nationale. Selon le Recensement national de l’agriculture (RNA 2018-2021), 926 539 ménages pratiquent des activités agricoles, et plus de 15 % sont initiées et conduites par des femmes. Au total, le pays compte plus de 2,3 millions d’actifs agricoles, parmi lesquels les femmes occupent une place importante.
Malgré cette forte présence, des inégalités persistent. Les femmes ne dirigent que 15 % des exploitations agricoles, estimées à 913 415 à l’échelle nationale, et la taille moyenne des exploitations reste modeste, autour de 3,3 hectares. Dans ce contexte, un webinaire initié par l’Association nationale des femmes entrepreneurs agricoles du Bénin (ANAFEA) a réuni experts et acteurs du secteur pour échanger sur les défis à relever.
Selon Isabelle Ahouandjinou, vice-présidente de l’ANAFEA, l’autonomisation des productrices passe par un meilleur accès aux ressources. Terre, intrants, équipements et financements restent difficiles d’accès pour de nombreuses femmes, tandis que le renforcement des capacités techniques et la structuration des organisations constituent des leviers essentiels pour améliorer leur participation.
Pour Clément Dassi, docteur en droit public, le principal obstacle demeure l’application des textes juridiques. « Les lois ne manquent pas. C’est leur application qui pose problème. Les normes sociales n’ont pas évolué au même rythme », a-t-il souligné, évoquant également les contraintes liées aux garanties financières et à l’accès aux marchés. Le secrétaire générale du ministère de l’Agriculture Madeleine Lafia, quant à elle rappelle que plusieurs instruments existent, tels que la Politique nationale de promotion du genre, la loi d’orientation agricole et la loi sur la sécurité alimentaire. Cependant, leur impact reste limité, et il est nécessaire de mieux communiquer avec les femmes rurales et de lever les freins socioculturels qui restreignent leur participation.
À cette rencontre, les partenaires techniques ont insisté sur des actions concrètes pour renforcer l’inclusion et l’engagement citoyen. Christelle Ouattara, représentante pays de SUCO, souligne l’importance de l’éducation à la citoyenneté et du développement des capacités entrepreneuriales. Elle met également en avant la promotion des chaînes de valeur et le mentorat comme outils pour accroître l’autonomie économique et renforcer le rôle des femmes dans l’agribusiness.
Au terme des échanges, une priorité se dégage : créer un environnement plus inclusif afin de permettre aux femmes de jouer pleinement leur rôle dans la transformation de l’agribusiness béninois et de contribuer durablement au développement économique du pays.
Moudachirou ALIOU




