CONSOMMATION DE LA PASTÈQUE À PARAKOU : Un fruit prisé par la population en cette période de sécheresse

À Parakou, la pastèque est devenue en cette période, un fruit incontournable. Dans les marchés comme Dépôt, Guema, Arzèkè ou encore Zongo, elle s’impose sur les étals des bonnes dames et attire une foule de consommateurs à la recherche de fraîcheur. Depuis plusieurs semaines, elle circule partout en ville, découpée, servie en tranches ou emportée entière pour la maison.
« Dès qu’elle apparaît, les gens sautent dessus parce que c’est le fruit de la chaleur », confie Amsatou Boni, vendeuse de pastèque installée à Zongo.
Imorou Issifou, maraîcher à Parakou, confirme cet engouement. « La pastèque est un fruit très prisé au Bénin. Ici à Parakou, dès qu’il fait chaud, sa consommation monte en flèche. C’est un fruit naturel, sucré, riche en eau et qui étanche vraiment la soif », explique-t-il. Pour lui, produire la pastèque n’est pas une activité de tout repos. « C’est une culture qui demande beaucoup d’agilité. Il faut surveiller, arroser correctement, éviter les maladies. Mais c’est rentable et la demande est toujours élevée. »
La pastèque, de forme ronde ou ovale, est composée à plus de 90 % d’eau. Sa chair rouge ou rose, juteuse et sucrée, contient du lycopène, un antioxydant reconnu pour ses effets bénéfiques sur le cœur. Elle apporte également des vitamines A et C, utiles pour renforcer l’immunité et soutenir une bonne vision. Le médecin Assogba Hervé Thésard rappelle que « l’excès en toute chose nuit à la santé. La pastèque présente de nombreux bénéfices grâce à sa teneur en eau et en nutriments. Toutefois, les patients souffrant d’atteintes rénales courent un risque d’hyperkaliémie en cas de consommation non contrôlée. Les personnes vivant avec le diabète doivent également en consommer avec modération afin d’éviter un déséquilibre de leur glycémie. » Il ajoute : « il faut faire attention à l’hygiène. Mal lavée ou mal conservée, elle peut transporter des microbes. Il faudrait insister auprès des vendeuses qui vendent déjà découpé, pour qu’elles veillent à la propreté de ce qu’elles proposent, en lavant correctement les fruits, en couvrant les tranches, en servant avec une fourchette et en évitant que les clients se servent eux-mêmes. »
Dans la ville, chacun savoure ce fruit très apprécié à sa manière. À Guema une consommatrice, Adama Oumarou, raconte : « Moi, je la prends surtout le soir. Je la coupe en morceaux et toute la famille en mange. Ça nous rafraîchit après la chaleur de la journée. » Aziz Imorou, étudiant, partage lui aussi son expérience : « Quand je rentre des cours, j’achète quelques tranches déjà découpées chez les vendeuses au bord de la route. Ça hydrate mieux que beaucoup de boissons et en plus c’est naturel. »
Beaucoup de consommateurs préfèrent la partager en famille. « On la rince, on la découpe et tout le monde se sert. Les enfants adorent la pastèque parce qu’elle est sucrée et qu’elle remplace même la boisson parfois », indique Oubedath Alassane, mère de famille croisée au marché Dépôt.
En pleine période de chaleur, la pastèque s’impose ainsi comme un fruit de saison simple, mais essentiel à Parakou. Accessible, hydratante et riche en nutriments, elle reste le réflexe quotidien de nombreux ménages.
Nadjahatou BAGUIRI




