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RÉFORME FISCALE EN CÔTE D’IVOIRE : Le gouvernement applique une TVA de 9 % sur les aliments pour animaux

En Côte d’Ivoire, les aliments pour animaux, les intrants entrant dans leur fabrication ainsi que les emballages utilisés pour leur conditionnement sont désormais soumis à une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 9 %. Cette mesure a été annoncée dans un communiqué officiel publié par la Direction générale des Impôts (DGI). Elle entre en vigueur le 17 janvier 2026, conformément aux dispositions de la réforme fiscale prévue par la loi de finances de l’exercice 2026.

Jusqu’à la fin de l’année 2025, les aliments destinés au bétail et aux animaux de basse-cour, de même que les intrants nécessaires à leur production, bénéficiaient d’une exonération de la TVA en Côte d’Ivoire. Cependant, l’annexe fiscale rattachée à la loi de finances 2026 a supprimé ces avantages, intégrant désormais ces produits dans le champ d’application de la TVA. Si le texte initial prévoyait l’application du taux de droit commun de 18 %, les autorités ont finalement retenu un taux réduit de 9 %, une option présentée comme un compromis visant à limiter l’impact de la mesure sur les acteurs du secteur.
Cette nouvelle disposition fiscale intervient dans un contexte où les coûts des intrants représentent plus de 60 % des dépenses totales dans le secteur de l’élevage. L’introduction d’une TVA, même à taux réduit, est donc susceptible d’accentuer la pression financière sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis les fabricants d’aliments pour animaux, jusqu’aux éleveurs, en passant par les unités de transformation des produits d’origine animale.

Cette évolution fiscale s’inscrit dans un environnement marqué par des ambitions élevées en matière de développement de l’élevage, notamment dans la filière avicole. Dans le cadre de sa stratégie nationale, la Côte d’Ivoire ambitionne en effet de presque doubler sa production annuelle de viande de poulet, pour atteindre 200 000 tonnes à l’horizon 2030, contre 114 000 tonnes en 2024, selon les données de l’Interprofession avicole de Côte d’Ivoire (Ipravi). Une dynamique qui devrait mécaniquement stimuler la demande en aliments pour animaux, rendant la question de leur coût encore plus stratégique pour la compétitivité du secteur.

Moudachirou ALIOU

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