PRÉSIDENTIELLES D’AVRIL 2026 AU BÉNIN : Les ambitions de Romuald WADAGNI pour l’agriculture

À l’occasion de la présentation de son programme de société, ce samedi 21 mars, le candidat à la présidentielle d’avril 2026 Romuald WADAGNI a levé le voile sur une vision structurée et ambitieuse pour le secteur agricole béninois. Entre mécanismes innovants de protection sociale des acteurs, modernisation des pratiques et investissements stratégiques, les propositions esquissent une transformation en profondeur de l’agriculture béninoise.
Pilier de l’économie béninoise, l’agriculture demeure un secteur clé en matière d’emploi, de sécurité alimentaire et de création de richesse. Conscient de ces enjeux, Romuald WADAGNI place la transformation agricole au cœur de son projet de société. Son ambition affichée pour le secteur est claire : bâtir une agriculture moderne, résiliente et inclusive, capable de garantir des revenus stables aux producteurs tout en renforçant la souveraineté alimentaire du pays.
Parmi les mesures phares du programme figure la mise en place d’un dispositif intégré de prévoyance, d’assurance et de retraite agricole. Une innovation majeure dans un secteur où les producteurs sont souvent exposés à des risques élevés sans véritable filet de sécurité.
Le mécanisme proposé repose sur une organisation rigoureuse de la production agricole. Celle-ci sera répartie en trois parts distinctes : une première destinée au revenu immédiat du producteur, une deuxième consacrée au remboursement des intrants agricoles, et une troisième dédiée à la constitution d’un fonds de prévoyance et de retraite.
Ce fonds aura pour vocation d’assurer une sécurité financière à long terme aux agriculteurs. Il permettra de constituer une épargne, de financer des mécanismes d’assurance récolte et de garantir une retraite aux producteurs après des années d’activité.
Pour renforcer ce dispositif, un mécanisme de rachat et de revente partielle des récoltes sera mis en place. Celui-ci permettra d’alimenter durablement le fonds et d’assurer une compensation aux agriculteurs en cas de baisse de production. Une approche qui vise à stabiliser les revenus et à protéger les exploitants contre les chocs climatiques et économiques.
Au-delà de la protection sociale, le programme met l’accent sur l’amélioration significative de la productivité agricole. Un nouveau dispositif d’encadrement des producteurs sera déployé à grande échelle. Ce dispositif reposera sur plusieurs leviers essentiels : la mise à disposition de semences à haut rendement, l’accès à des intrants de qualité, le développement de la mécanisation agricole et la diffusion de pratiques culturales améliorées.
Les objectifs annoncés sont ambitieux. Il s’agit notamment de tripler les rendements dans certaines filières stratégiques comme le manioc et le maïs, et de les doubler dans d’autres secteurs tels que le cajou, le riz, le soja et le karité. Une telle dynamique pourrait non seulement améliorer les revenus des producteurs, mais aussi renforcer la capacité du Bénin à répondre à la demande alimentaire locale et à conquérir de nouveaux marchés à l’export.
Le pari du numérique et de l’agritech
Dans un contexte mondial marqué par la montée en puissance des technologies agricoles, le candidat de la mouvance présidentielle entend positionner le Bénin dans l’ère de l’agriculture intelligente. Le programme prévoit le recours à l’agritech, notamment à travers l’utilisation de drones, de capteurs intelligents et de solutions basées sur l’intelligence artificielle. Ces outils permettront d’optimiser le suivi des cultures, de mieux gérer les ressources et d’améliorer les rendements.
Il envisage de développer des plateformes numériques pour assurer la traçabilité des produits agricoles, faciliter l’accès aux marchés et améliorer la transparence des transactions.
Cette modernisation numérique devrait également contribuer à rendre le secteur plus attractif pour les jeunes, en leur offrant des perspectives innovantes et technologiquement avancées.
Un meilleur accès au financement pour les producteurs
L’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles au développement agricole. Pour y remédier, le programme prévoit la mise en place d’un dispositif de financement adapté aux réalités du secteur. Ce mécanisme sera soutenu par le renforcement du Fonds National de Développement Agricole (FNDA), qui jouera un rôle central dans l’accompagnement des producteurs.
L’objectif est de faciliter l’accès au crédit, de soutenir les investissements agricoles et d’encourager l’adoption de technologies modernes. En levant les contraintes financières, le duo espère stimuler la croissance du secteur et améliorer la compétitivité des exploitations.
Irrigation et mécanisation : des infrastructures structurantes
La question de la maîtrise de l’eau constitue également un axe majeur du programme. Le duo prévoit le lancement d’un vaste programme d’irrigation, reposant sur la construction de retenues d’eau à travers le pays. Cette initiative vise à réduire la dépendance de l’agriculture aux pluies et à sécuriser les productions tout au long de l’année.
Parallèlement, des centres de mécanisation seront mis en place afin de faciliter l’accès des producteurs aux équipements agricoles modernes. Ces infrastructures permettront d’améliorer la productivité, de réduire la pénibilité du travail et d’optimiser les cycles de production.
Recherche et élevage : cap sur l’innovation
Le programme accorde également une place importante à la recherche agricole. La création d’un centre national de recherche génétique est envisagée, avec pour objectif d’améliorer la qualité des races animales et de développer la production aquacole.
Cette initiative devrait permettre d’accroître la productivité du secteur de l’élevage, de renforcer la sécurité alimentaire et de diversifier les sources de revenus des producteurs. En misant sur la recherche et l’innovation, le candidat entend doter le secteur agricole béninois d’outils scientifiques capables de répondre aux défis de demain.
À travers l’ensemble de ces mesures, Romuald WADAGNI soumet au peuple une vision globale et intégrée de la transformation agricole. L’approche combine performance économique, innovation technologique et protection sociale. Au-delà des objectifs de production, c’est une véritable amélioration des conditions de vie des populations rurales qui est visée. En sécurisant les revenus, en modernisant les pratiques et en renforçant les capacités des producteurs, le programme ambitionne de faire de l’agriculture un moteur de développement durable. Si elles sont mises en œuvre, ces réformes pourraient marquer un tournant décisif pour le secteur agricole béninois, en le rendant à la fois plus compétitif, plus résilient et plus inclusif.
Moudachirou ALIOU




