DIALOGUE NATIONAL DES COMMUNAUTÉS AGRO-PASTORALES AU BÉNIN : L’étape de Parakou en cours pour une éducation inclusive en milieu rural

Le Haut-Commissariat à la sédentarisation des éleveurs, à travers le projet PAISEC, avec l’appui de l’UNICEF et de la Coopération suisse, a procédé ce jeudi 23 avril 2026 à Parakou au lancement d’un atelier de restitution du dialogue national des communautés agro-pastorales des départements du Borgou et de l’Alibori. Prévue pour se dérouler du 23 au 24 avril 2026, cette rencontre vise à promouvoir l’éducation des filles en milieu agro-pastoral et à renforcer la cohésion sociale, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, sociaux et éducatifs.
Dans son allocution, le maire de Bembèrèkè, Moussa Lafia Gorado, rappelle l’enjeu central de la rencontre. « Je pense qu’il n’est plus à démontrer l’importance de l’éducation des filles dans le développement d’une nation. Et comment cette éducation pourrait être assurée sans qu’il y ait la cohésion sociale entre les acteurs sociaux », déclare-t-il, avant de souligner que « l’ensemble des participants sont assez représentatifs pour conjuguer leurs réflexions sur toute la problématique ».
Au nom de l’UNICEF, partenaire stratégique, Barnabé Vinagbo Agbangla salue une initiative qui « constitue un espace essentiel de dialogue, de compréhension mutuelle et de co-construction de solutions durables au service de l’éducation inclusive et de la cohésion sociale ». Il met en lumière des difficultés persistantes : « Les filles restent confrontées à des barrières en matière d’accès, de maintien à l’école et de résultats scolaires », puis il ajoute que « promouvoir l’éducation des enfants et des filles dans les communautés agro-pastorales, c’est investir à la fois dans l’équité sociale et dans la paix durable ». Il rappelle également que « l’éducation est un puissant levier de cohésion sociale et de prévention des tensions ».
Représentant le Haut-Commissaire à la sédentarisation des éleveurs, le Dr Boni Yacoubou précise les objectifs de l’atelier. « Les questions qui seront abordées sont celles liées à l’éducation des enfants, surtout les enfants-filles agro-pasteurs, et celles de la cohésion sociale », indique-t-il. Il insiste par la suite sur l’approche participative en ces termes : « Cet atelier fait un diagnostic des besoins et doit aboutir à des recommandations concrètes », pour aboutir à « la mise en place d’un comité de suivi et l’élaboration d’une feuille de route pour leur mise en œuvre sur le terrain ».
Procédant au lancement officiel, le préfet de l’Alibori, Bello Ky-Samah, insiste sur la portée de l’initiative. « L’éducation est essentielle pour la vitalité d’une personne, surtout d’une jeune fille », dit-il, appelant les participants à des résultats concrets: « Nous devons pouvoir dire qu’il y avait un avant et un après cet atelier ». Il a également exhorté à valoriser les atouts des communautés. « Nous avons la chance d’avoir à la fois une instruction religieuse, une instruction endogène et l’éducation formelle.
Mettons tout cela en valeur pour avancer », insiste-t-il.
Durant deux jours, les participants échangent sur deux thématiques majeures. La première journée est consacrée à « l’éducation des filles et aux droits des enfants », avec des communications et des travaux de groupes. La deuxième journée est dédiée à « la cohésion sociale », avec des réflexions sur le vivre-ensemble, la prévention des conflits et le renforcement du dialogue entre communautés.
À l’issue des travaux, des recommandations finales et des engagements concrets sont attendus pour améliorer durablement l’accès à l’éducation, notamment pour les filles, et consolider la paix sociale dans les zones agro-pastorales du Bénin.
Nadjahatou BAGUIRI




