DÉGRADATION FORESTIÈRE : Le Togo a perdu 20 % de ses forêts primaires en vingt-trois ans

Véritables réservoirs de biodiversité, les forêts primaires jouent un rôle crucial dans la régulation du climat, la captation du carbone et la protection des sols. Pourtant, au Togo, ces écosystèmes continuent de subir une forte pression.
Selon les données présentées récemment à Kpalimé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le pays a perdu environ 330 hectares de forêts primaires entre 2002 et 2025, soit une diminution estimée à 20 % sur la période. L’information a été dévoilée lors d’un atelier consacré à la restauration des paysages forestiers dans les Plateaux-Ouest.
Pour la FAO, représentée par Oyetoundé Djiwa, cette dégradation progressive des espaces forestiers constitue une menace directe pour les moyens de subsistance des populations, la sécurité alimentaire et la résilience face au changement climatique. Une forêt primaire, encore appelée forêt vierge, se caractérise par une régénération naturelle d’espèces indigènes sans perturbation humaine visible.
Au-delà des forêts primaires, la couverture végétale nationale a reculé de plus de 130 000 hectares entre 2001 et 2025. Les autorités et partenaires techniques attribuent cette situation à plusieurs facteurs, notamment l’extension des terres agricoles, l’urbanisation, les infrastructures et les feux de végétation.
Les données satellitaires présentées au cours des travaux font état de 772 alertes d’incendies enregistrées entre janvier et mai 2026. L’année 2013 demeure la plus critique avec 2846 alertes recensées.
Face à ces défis, le gouvernement togolais renforce ses initiatives de restauration des terres dégradées. Dans le cadre de l’initiative africaine AFR100, le pays ambitionne de restaurer 1,4 million d’hectares d’ici 2030. Un cadre de concertation intercommunale a également été mis en place afin de coordonner les actions locales de gestion durable des ressources naturelles. De plus Depuis 2021, le Togo poursuit parallèlement son programme de reboisement visant la plantation d’un milliard d’arbres à l’horizon 2030.
Moudachirou ALIOU




