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RÉOUVERTURE DU PORT SEC DE PARAKOU: Le nouvel accélérateur de l’agriculture béninoise lancé

Après une décennie d’attente, le Port sec de Parakou est enfin entré en activité. Les premières opérations de chargement de conteneurs, lancées le 23 juin 2026, marquent bien plus que la mise en service d’une nouvelle infrastructure logistique. Elles ouvrent une nouvelle étape pour l’économie béninoise, en particulier pour le secteur agricole, principal moteur des exportations nationales. Si cette mise en exploitation coïncide avec une normalisation des relations commerciales entre le Bénin et le Niger, même si la frontière reste encore fermée du côté du Niger, les retombées pourraient être majeures.

Implanté au cœur du Nord-Bénin, le Port sec de Parakou a été conçu pour rapprocher les services portuaires des bassins de production, désengorger le Port autonome de Cotonou et faciliter les échanges avec les pays de l’hinterland, notamment le Niger, le Burkina Faso et le nord du Nigeria. Son objectif est de réduire les coûts logistiques, d’accélérer les formalités douanières et d’améliorer la fluidité des échanges commerciaux.
Le choix du coton comme première marchandise traitée illustre clairement l’orientation agricole de cette plateforme. Premier produit d’exportation du pays, le coton pourrait bénéficier d’une logistique plus performante. D’autres filières stratégiques, telles que le soja, le maïs, les noix de cajou, le karité, l’ananas ou encore les cultures maraîchères, devraient également tirer profit de cette nouvelle infrastructure.

L’un des principaux obstacles au développement des filières agricoles reste le coût élevé du transport entre les zones de production et le Port de Cotonou. Grâce à ce Port sec mis en service à Parakou, une bonne partie des opérations de stockage, de conditionnement, d’empotage et de dédouanement pourra désormais être réalisée à proximité des producteurs. Cette proximité devrait réduire les délais, limiter les pertes post récolte et renforcer la compétitivité des produits béninois sur les marchés régionaux et internationaux.

Au-delà de la logistique, cette infrastructure pourrait stimuler le développement des chaînes de valeur agricoles. Les unités de transformation installées dans le Nord disposeront d’un accès plus direct aux circuits d’exportation. Les coopératives pourront mieux organiser leurs expéditions en regroupant leurs productions avant leur acheminement vers Cotonou. L’installation de nouveaux entrepôts, d’industries agroalimentaires, de plateformes frigorifiques et d’entreprises spécialisées dans la logistique pourrait progressivement faire de Parakou un véritable hub au service de l’agriculture.

Dans un contexte où le corridor béninois pourrait reprendre de sa superbe du fait de la reprise du trafic de transit avec le Niger, la portée stratégique du Port sec de Parakou n’est plus à justifier.

Pour les producteurs béninois, un tel scénario ouvrirait également un marché de proximité plus important et plus direct. Le Niger demeure un débouché naturel pour plusieurs produits agricoles béninois, notamment le maïs, le riz, les fruits, les produits maraîchers, les aliments pour bétail et certains produits transformés. Cette infrastructure s’inscrit aussi dans la stratégie du Bénin visant à renforcer la compétitivité du corridor Cotonou-Parakou-Malanville face aux corridors concurrents du Togo, du Ghana ou de la Côte d’Ivoire. En rapprochant les services portuaires des opérateurs économiques du Nord, notamment les producteurs agricoles, le pays réduit les ruptures de charge, améliore la fluidité du transport des marchandises et renforce son attractivité logistique.

Pour l’agriculture béninoise, cette plateforme offre surtout la perspective d’une meilleure valorisation des productions locales et d’un accès facilité aux marchés régionaux et internationaux. Si elle s’accompagne d’une reprise durable des échanges avec le Niger, le Port sec de Parakou pourrait devenir l’un des principaux moteurs du commerce sous-régional et confirmer le rôle du Nord-Bénin comme pôle stratégique des échanges en Afrique de l’Ouest.

Nadjahatou BAGUIRI

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