PLUIES INTENSES ET CONTINUES AU SUD BÉNIN : Les récoltes menacées

Depuis plusieurs jours, de fortes pluies s’abattent sans interruption sur le sud du Bénin. Ce phénomène suscite de vives inquiétudes dans les zones de production agricole. En pleine période de récoltes, les cultures de maïs, de patate douce, de manioc, d’arachides et autres sont particulièrement exposées aux risques de pourrissement, de pertes de rendement et de dégradation de la qualité des produits agricoles.
Entre conséquences économiques pour les producteurs et menaces sur l’approvisionnement des marchés, cette situation relance le débat sur la vulnérabilité de l’agriculture béninoise face aux aléas climatiques.
La pluie est indispensable à l’agriculture, mais lorsqu’elle tombe sans cesse et sans répit, elle peut devenir un véritable danger pour les récoltes.
En effet, alors que la période des récoltes approche dans le sud du Bénin, les pluies abondantes compromettent déjà les espoirs de nombreux producteurs, notamment pour le maïs. Encore insuffisamment sec dans plusieurs exploitations, il est fortement exposé à l’humidité, ce qui favorise sa détérioration et le développement de vers rongeurs qui attaquent les épis. « La pluie a causé beaucoup de dégâts. Ça a gâté mon champ. Le maïs n’était pas bien sec et l’eau de pluie a tout arraché ainsi que les maniocs », témoigne l’agriculteur Casimir Yakoussan, du village de Sazoué, dans la commune de Grand-Popo. Dans la commune d’Ifangni, Eugène Hounton fait le même constat. Selon cet agriculteur, « les maïs qui deviennent mûrs ont poussé des vers qui les détruisent ». Une situation qui risque d’entraîner une baisse de la qualité des produits, d’importantes pertes et une diminution des revenus des producteurs.
De plus, le manioc, la patate douce et l’arrachide ne sont pas épargnés par ce phénomène . Les tubercules risquent de pourrir dans le sol, et même si ils sont récoltés, il se pose le problème de leur conservation.
Les arachides mûres, encore en champ, recommencent parfois à pousser ou se détériorent complètement. Celles déjà récoltées sont exposées aux champignons et moisissures, faute de bonne conservation. En effet, il n’y a pas eu jusque là, de méthodes de conservation en dehors du séchage au soleil…
« Nos arachides qui sont encore dans le champ, qui sont mûres et sèches, ont commencé par pousser à nouveau. D’autres pourrissent carrément », rapporte l’agriculteur Eugène Hounton.
L’humidité permanente et le manque d’ensoleillement empêchent le séchage adéquat des produits récoltés, augmentant dramatiquement les pertes post-récoltes.
Pour les producteurs, cette situation compromet non seulement les récoltes, mais aussi les revenus attendus après plusieurs mois de durs labeurs.
À Hindé dans le 6e arrondissement de Cotonou, les vendeuses de patates douces sont fouettée par les affres de la pluie . Les patates douces stockées dans des sacs et mouillés par la pluie ont commencé à pourrir. Elles ont perdu près de la moitié de leur marchandise et de leur investissement, pour la plupart.
Face à ces abondantes pluies, les producteurs sont contraints par endroit à une récolte prématuré. «On est obligé de vendre les maïs frais.» a ajouté Eugène Hounton.
Au regard des conséquences sur les cultures, cette situation appelle à une vigilance et à des innovations technologiques pour la conservation post-récolte, en ce qui concerne certaines spéculations pour lesquelles tout se fait encore de façon rudimentaire. Si les pluies persistent, elles pourraient entraîner des pertes importantes pour les producteurs et fragiliser ainsi leur revenu.
Roger OMONDOUN (Stg)




