CAMPAGNE NATIONALE DE TRANSHUMANCE 2026-2027 : Le gouvernement veut éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs

La campagne nationale de transhumance 2026-2027 est désormais soumise à de nouvelles règles au Bénin. Un arrêté interministériel signé le 28 septembre 2026 fixe les périodes de déplacement des troupeaux, les documents exigés des éleveurs ainsi que les espaces accessibles et interdits. Le dispositif entend mieux organiser la mobilité pastorale et limiter les risques de conflits avec les activités agricoles.
La mobilité des troupeaux locaux est désormais soumise à un nouveau cadre légal, qui précise les conditions du déroulement de la campagne 2026-2027. À travers un arrêté interministériel, signé à Cotonou par les ministres chargés de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, du Cadre de vie et du Développement durable, et celui de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, le gouvernement définit les conditions de déplacement des troupeaux sur le territoire national.
Le texte concerne uniquement les troupeaux établis au Bénin et ne s’applique pas à la transhumance transfrontalière. Le principe retenu est celui d’une mobilité prioritairement organisée à l’intérieur de chaque département, avec quelques possibilités de déplacement entre départements dans des situations précises.
Ainsi, les éleveurs de l’Alibori peuvent notamment descendre dans le Borgou et l’Atacora. Les communes riveraines peuvent également mettre en œuvre la solidarité intercommunale, y compris entre deux départements.
Le calendrier varie selon les zones. Dans l’Alibori et l’Atacora, les déplacements sont autorisés du 15 novembre 2026 au 31 mai 2027, tandis que le Borgou ouvre sa période du 1er novembre 2026 au 31 mai 2027. Dans les Collines, la transhumance est prévue du 1er novembre 2026 au 30 avril 2027. Dans la Donga, elle s’ouvre du 15 décembre 2026 au 15 avril 2027 et dans le département du Plateau c’est du 15 décembre 2026 au 31 mars 2027.
Dans l’Atlantique et le Zou, la période s’étend du 31 décembre 2026 au 31 mars 2027. Le Mono et le Couffo sont ouverts du 31 janvier au 31 mars 2027, tandis que l’Ouémé est concerné du 20 février au 31 mars 2027.
Cet échelonnement vise à adapter les mouvements du bétail aux réalités des différentes zones et à mieux organiser la cohabitation entre activités pastorales et agricoles.
Avant tout déplacement, l’éleveur doit disposer d’un certificat national de transhumance. Le document précise l’itinéraire à emprunter ainsi que les points d’arrêt prévus. Il constitue ainsi un outil de traçabilité et de contrôle des mouvements des troupeaux. Tout troupeau retrouvé hors des zones autorisées doit être reconduit vers sa zone prévue par les services d’élevage, avec l’appui des comités multi-acteurs de concertation et, si nécessaire, des Forces de défense et de sécurité.
Le dispositif impose également plusieurs restrictions. Le pâturage et les déplacements nocturnes sont interdits. La transhumance est également proscrite dans les réserves de faune, les forêts classées, les périmètres de reboisement et les autres aires protégées, sauf dans les espaces spécifiquement destinés aux activités pastorales. Le port d’arme à feu ainsi que la détention ou l’usage de stupéfiants sont par ailleurs interdits aux gardiens de troupeaux.
Pour le secteur agricole, l’un des principaux enjeux demeure la préservation des cultures et des espaces de production. Le gouvernement demande ainsi aux élus locaux, aux services déconcentrés du ministère chargé de l’Agriculture et aux organisations agricoles et pastorales de veiller à la libération effective des couloirs de passage et des zones pastorales.
Cette disposition place les acteurs locaux au cœur de la réussite de la campagne. La disponibilité des couloirs, leur respect par les éleveurs et la protection des parcelles cultivées constituent des conditions essentielles pour réduire les incursions des troupeaux dans les champs et prévenir les tensions entre agriculteurs et éleveurs.
Au-delà du simple encadrement de la mobilité du bétail, ce nouveau texte met ainsi en avant la nécessité d’une meilleure gestion de l’espace rural. La réussite du dispositif dépendra notamment du respect des itinéraires définis, du contrôle des troupeaux et de la collaboration entre autorités locales, producteurs agricoles, organisations pastorales et services techniques.
Moudachirou ALIOU




