FORTES PLUIES AU SÉNÉGAL : De nouveaux risques présents sur les activités agricoles

Après les fortes pluies enregistrées ce week-end, le Sénégal renforce son dispositif de veille face à de nouvelles précipitations annoncées. Si les autorités s’inquiètent des inondations dans les zones urbaines, le secteur agricole est également exposé, notamment dans les régions où la montée des eaux peut affecter les terres cultivées, le bétail et les infrastructures de production.
Pour le secteur agricole, l’enjeu est particulièrement important. Une pluviométrie excessive peut provoquer la saturation ou l’inondation des terres cultivées, entraîner des pertes de récoltes et compliquer l’accès aux parcelles. Dans les zones d’élevage, la montée des eaux peut également menacer les animaux, les pâturages et les infrastructures destinées au bétail. Les routes et pistes rurales constituent un autre point de vulnérabilité, leur dégradation pouvant ralentir l’évacuation des productions vers les marchés.
Cette situation rappelle les conséquences déjà observées lors de précédents épisodes de crues au Sénégal. En 2024 par exemple, la crue exceptionnelle du fleuve Sénégal avait touché plus de 56 000 personnes dans l’est du pays. Dans la région de Matam, les eaux avaient notamment ravagé des terres agricoles et endommagé des infrastructures, tout en provoquant d’importantes pertes de bétail. Ces dégâts montrent combien les phénomènes hydrologiques extrêmes peuvent rapidement se transformer en difficultés économiques pour les exploitations agricoles et les ménages ruraux.
Face aux nouvelles pluies annoncées, les autorités ont donc prévu un dispositif de veille permanente. Les services compétents doivent notamment suivre l’évolution des zones exposées et anticiper les besoins d’intervention. Le gouvernement prévoit également de renforcer l’information des populations grâce à un système d’alerte permettant de diffuser rapidement les informations relatives à l’évolution de la situation.
Sur le terrain, les opérations de dégagement des axes affectés par les inondations se poursuivent. La remise en état des voies de circulation constitue un enjeu pour les producteurs, puisqu’elle conditionne l’accès aux exploitations et l’acheminement des intrants et des récoltes. Dans les zones touchées, l’assistance aux populations doit également être déclenchée.
« L’appui au sinistré sera déclenché », a déclaré le Premier ministre, qui a demandé aux ministres chargés de la Famille et des Solidarités de prendre les dispositions nécessaires pour porter assistance aux populations en difficulté.
Cette vigilance intervient dans un contexte où les inondations constituent une menace récurrente pour l’agriculture sénégalaise. En 2025, l’État avait déjà débloqué 2,5 milliards de FCFA pour soutenir les populations affectées dans la région de Diourbel, notamment à Touba, et financer des opérations urgentes de drainage et d’assistance.
Au-delà de la gestion immédiate des sinistres, la répétition de ces épisodes pose la question de l’adaptation des systèmes agricoles aux variations climatiques. Le renforcement des systèmes d’alerte, l’amélioration du drainage des zones agricoles, la protection des infrastructures rurales et une meilleure anticipation des risques apparaissent ainsi comme des leviers importants pour limiter les pertes dans les exploitations.
Pour les producteurs sénégalais, l’enjeu sera de protéger les cultures, le cheptel et les moyens de production tout en maintenant la circulation des produits agricoles malgré les éventuelles perturbations liées aux eaux.
Moudachirou ALIOU




