MALADIE ANIMALE TRANSFRONTALIÈRE: La CEDEAO se met dans la lutte pour sécuriser la région

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) veut renforcer la surveillance et le contrôle des maladies animales transfrontalières. La 11ᵉ réunion annuelle des réseaux régionaux de santé animale (Rahn) s’est ouverte ce 6 octobre 2026 à Lomé, au Togo, avec la participation de responsables des services vétérinaires, de spécialistes des laboratoires, d’acteurs de la surveillance épidémiologique et de partenaires techniques et financiers.
Durant trois jours, les participants examinent les moyens d’améliorer la prévention, la détection et la prise en charge des principales maladies animales qui circulent dans la sous-région. La peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la fièvre aphteuse, l’influenza aviaire hautement pathogène et la rage figurent parmi les maladies ciblées.
L’enjeu est particulièrement important dans une région où l’élevage contribue aux revenus, à l’emploi et à la sécurité alimentaire de millions de ménages. La mobilité du bétail, les échanges commerciaux et les déplacements le long des couloirs pastoraux peuvent toutefois faciliter la propagation des agents pathogènes au-delà des frontières.
Pour Konlani Djondiègue, directeur de cabinet du ministère togolais de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, cette mobilité représente une vulnérabilité commune. « La mobilité des animaux et l’intensification des échanges qui devraient être source de richesse et d’intégration régionale constituent malheureusement une vulnérabilité partagée à travers le transfert transfrontalier de pathogènes », a-t-il déclaré. Il insiste également sur la nécessité d’une action collective : « aucun pays ne peut y parvenir seul ».
Même position du côté de la Cedeao. Emily Dewey Gray, représentante résidente de l’organisation au Togo, estime que les travaux doivent notamment permettre « d’élaborer des recommandations ainsi qu’une feuille de route régionale visant à renforcer la surveillance sanitaire animale ».
Les échanges portent ainsi sur comment détecter rapidement des foyers, la notification des cas, les prélèvements, le diagnostic et le partage des données sanitaires. Le Système régional d’information en santé animale (Srisa) devant faciliter la circulation des informations entre les services vétérinaires, les laboratoires et les décideurs.
Outre les recommandations opérationnelles attendues, une session ministérielle est prévue le 8 octobre pour examiner et valider des orientations stratégiques concernant notamment la prévention et le contrôle de la fièvre aphteuse et de l’influenza aviaire à l’horizon 2030.
Nadjahatou BAGUIRI




