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ZOOM : À LA DECOUVERTE DU Programme d’Appui au Secteur du Développement Rural ( PASDeR )

Au Bénin, l’agriculture et l’élevage occupent une place importante dans les activités économiques des populations rurales. Cependant, les producteurs restent confrontés à plusieurs contraintes qui limitent le développement de leurs exploitations, notamment les difficultés d’accès au financement, aux équipements, aux services d’appui-conseil et aux marchés.
C’est pour contribuer à lever ces obstacles que le Programme d’Appui au Secteur du Développement Rural (PASDeR) a été lancé en 2012 avec le soutien de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC). Sa mise en œuvre est assurée par le consortium Swisscontact-LARES, en collaboration avec les institutions publiques et les organisations professionnelles du secteur agricole.

À ses débuts, le programme intervenait dans quatre communes des départements du Borgou et de l’Alibori : N’Dali, Gogounou, Banikoara et Kalalé. La deuxième phase, couvrant la période 2015-2020, a permis d’étendre les interventions à six autres communes : Kandi, Ségbana, Bembèrèkè, Sinendé, Pèrèrè et Nikki. Le nombre de communes couvertes est ainsi passé à dix. Avec le lancement de sa troisième phase en septembre 2020, le PASDeR a élargi ses interventions à 27 communes réparties dans quatre départements du nord du Bénin : le Borgou, l’Alibori, l’Atacora et la Donga.

Le programme poursuit un objectif général, celui de contribuer à l’amélioration durable des conditions de vie des populations rurales, à la réduction de la pauvreté et à la lutte contre l’insécurité alimentaire. Pour y parvenir, il mise sur le renforcement des capacités des exploitations familiales paysannes, l’amélioration de leurs performances économiques et la professionnalisation des acteurs des chaînes de valeur agricoles et pastorales.

Son intervention s’articule autour de trois axes complémentaires.
Le premier porte sur la gouvernance et le dispositif institutionnel, avec un accent sur le renforcement des organisations socioprofessionnelles et interprofessionnelles agricoles.
Le deuxième concerne l’amélioration de la production primaire, notamment à travers l’accès aux facteurs de production, aux services agricoles et aux infrastructures.
Le troisième vise le développement des chaînes de valeur et l’accès aux marchés, afin de favoriser une meilleure valorisation des produits agricoles et pastoraux.

Sept filières constituent les principaux domaines d’intervention de la troisième phase : le maïs, le riz, le lait, la viande, l’oignon, la pomme de terre et la mangue.
À travers ces filières, le PASDeR entend agir sur les différentes étapes de l’activité économique rurale, de la production à la commercialisation, en passant par la conservation et la transformation. Cette approche vise à renforcer les capacités des producteurs et à améliorer les conditions de mise en marché de leurs produits.

L’accès au financement figure parmi les principaux mécanismes mobilisés par le programme. Les crédits de campagne permettent aux producteurs de couvrir certaines dépenses liées à leurs activités agricoles, tandis que le warrantage leur offre la possibilité de stocker leurs récoltes et d’obtenir un crédit en s’appuyant sur les produits entreposés. Ces dispositifs visent à faciliter l’accès aux ressources financières nécessaires au fonctionnement et au développement des exploitations familiales.

Les résultats rapportés pour la deuxième phase témoignent de l’importance de ces mécanismes. Dans son rapport annuel 2019 consacré à ses interventions en Afrique de l’Ouest et du Nord, Swisscontact fait état de 1 269 685 francs suisses de crédits de warrantage mobilisés au profit de 1 306 exploitations familiales paysannes. Le document mentionne également 1 472 598 francs suisses de crédits de campagne pour 5 598 exploitations. Plus de 1 000 tonnes de maïs, de riz et de soja ont par ailleurs été stockées.

Au-delà du financement, le PASDeR intervient dans l’amélioration des infrastructures nécessaires aux activités agricoles et pastorales. Les résultats publiés pour 2019 font notamment état de la construction de 20 forages pastoraux et de la réhabilitation de trois retenues d’eau desservant 63 415 têtes de bétail. Huit hectares de périmètres maraîchers ont également été aménagés dans trois communes. À cela s’ajoutent cinq hangars destinés à la vente de sous-produits de l’élevage, au profit de 5 705 exploitations. Ces réalisations illustrent la diversité des interventions engagées pour soutenir les activités économiques des populations rurales.

Le renforcement des capacités des organisations professionnelles constitue un autre volet du programme. Le 13 octobre 2020, dans le cadre du démarrage de la troisième phase, du matériel roulant et informatique a été remis à des organisations socioprofessionnelles agricoles.

Les femmes et les jeunes occupent également une place importante dans les orientations du PASDeR. La troisième phase prévoit des objectifs spécifiques en faveur des exploitations portées par des femmes, de la participation des jeunes aux organisations professionnelles et du développement des petites et moyennes entreprises de transformation. Selon la fiche officielle de la Coopération suisse, le programme vise notamment 50 000 exploitations familiales paysannes, dont 7 000 portées par des femmes, ainsi que 2 000 transformateurs et petites et moyennes entreprises. Ces chiffres correspondent aux objectifs annoncés pour la phase et non à un décompte vérifié des bénéficiaires effectivement atteints.

Pour améliorer la qualité de l’accompagnement offert aux producteurs, le programme soutient également le renforcement des compétences des techniciens agricoles et des organisations professionnelles. En août 2024, Swisscontact a présenté des actions de formation portant notamment sur la gouvernance, le marketing, la vente groupée, les normes de qualité, l’accès aux services agricoles et les stratégies d’amélioration de la productivité.

Le suivi des interventions constitue également un volet important du dispositif de pilotage. Le 20 février 2024, à Cotonou, la sixième session du Comité d’orientation stratégique du PASDeR3 et du Programme d’appui au plaidoyer des organisations socioprofessionnelles a permis d’examiner les résultats de l’année 2023 et de définir les priorités pour 2024. Cette rencontre a réuni 37 participants issus notamment du ministère de l’Agriculture, de la Coopération suisse, des organisations paysannes et des services agricoles territoriaux. Elle a constitué un cadre d’échanges sur l’avancement des activités et les orientations du programme.

En 2026, le PASDeR entre dans la dernière année de sa troisième phase, dont la période officielle s’étend du 1er mai 2020 au 31 décembre 2026. Le budget annoncé pour cette phase est de 11 975 500 francs suisses. Cette échéance constitue une étape importante pour apprécier les résultats obtenus, mesurer l’atteinte des objectifs fixés et examiner les conditions de pérennisation des mécanismes mis en place. Le bilan final devra notamment préciser le nombre d’exploitations effectivement accompagnées, les financements mobilisés, les infrastructures réalisées et les changements observés dans les filières soutenues.

L’enjeu est également de déterminer dans quelle mesure les organisations professionnelles, les producteurs et les institutions partenaires pourront poursuivre les actions engagées. L’accès durable au financement, l’entretien des infrastructures, la qualité des services agricoles et la capacité des acteurs à commercialiser leurs productions demeurent des éléments importants pour apprécier les effets du programme sur le développement rural.

Depuis son lancement en 2012, le PASDeR a ainsi développé une approche associant financement, infrastructures, renforcement des capacités et structuration des filières agricoles et pastorales. Sa troisième phase, qui arrive à son terme en décembre 2026 selon le calendrier officiel, constitue une étape déterminante pour établir le bilan des interventions et mesurer leur portée. Pour les exploitations familiales du nord du Bénin, la consolidation des acquis et la continuité des services d’accompagnement restent essentielles pour renforcer les activités agricoles, soutenir les revenus ruraux et contribuer à la sécurité alimentaire.

Nadjahatou BAGUIRI

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