DYNAMISME DES MARCHÉS AGRICOLES DANS LA SOUS RÉGION : À la découverte du PRIMA

Le Programme régional d’intégration des marchés agricoles (PRIMA) est une initiative conjointe du Fonds international de développement agricole (FIDA) et des gouvernements du Bénin et du Togo. Lancé en 2022, ce programme vise à renforcer l’intégration des marchés agricoles entre les deux pays et, plus largement, dans l’espace ouest-africain. Son objectif principal est de faciliter le commerce intra-régional, soutenir l’agriculture familiale et améliorer la sécurité alimentaire, tout en créant des opportunités économiques pour les populations rurales, notamment les femmes et les jeunes.
Poursuivant plusieurs objectifs spécifiques, le PRIMA cherche à stimuler le commerce agricole régional, générer des emplois pour les populations rurales, augmenter les revenus des petits exploitants et améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition. Le programme s’attache également à soutenir la transformation durable de l’agriculture familiale en intégrant les petits producteurs aux marchés nationaux et sous-régionaux.
Pour atteindre ces objectifs, le PRIMA repose sur trois composantes essentielles. L’une d’elles est l’intégration des marchés et l’entrepreneuriat rural, qui consiste à améliorer la connectivité entre producteurs, marchés et transformateurs, structurer les chaînes de valeur et encourager l’entrepreneuriat rural. La deuxième composante concerne la transformation de l’agriculture familiale adaptée au changement climatique. Elle promeut des pratiques agricoles durables et résilientes, l’aménagement des terres et la gestion durable des sols et de l’eau. Enfin, la troisième composante porte sur le dialogue politique et l’engagement citoyen afin de soutenir les politiques agricoles, impliquer les acteurs locaux et renforcer la gouvernance inclusive dans le secteur agricole.
Une portée régionale significative
Prévu pour une durée de six ans (2022-2028), le PRIMA cible environ 144 000 ménages ruraux dans la région Bénin-Togo, soit plus de 830 000 personnes. Parmi eux, 99 000 se trouvent au Bénin et 45 000 au Togo, avec un objectif d’inclusion d’au moins 40 % de femmes et 40 % de jeunes. Le financement total du programme s’élève à 62,82 millions de dollars, dont 35 millions apportés par le FIDA. Le reste provient du OPEC Fund for International Development, des gouvernements nationaux et des bénéficiaires eux-mêmes.
Premiers résultats et perspectives encourageantes
Depuis son lancement, le PRIMA a franchi plusieurs étapes importantes. Des études de base sur les circuits de commercialisation et les flux transfrontaliers ont été réalisées, tandis que des rencontres régionales ont permis de structurer l’entrepreneuriat agricole et de renforcer les échanges commerciaux entre acteurs béninois et togolais.
La deuxième rencontre régionale, organisée en novembre 2025 à Kara (Togo), a rassemblé chambres de commerce, coopératives et entrepreneurs agricoles pour promouvoir le marché intracommunautaire et accroître la compétitivité des entreprises rurales. À cette occasion, le programme vise une augmentation d’environ 30 % des transactions de produits agricoles le long des corridors commerciaux transfrontaliers ciblés.
Malgré ces avancées, des défis subsistent. L’amélioration des infrastructures, l’accompagnement technique des producteurs et la consolidation des corridors commerciaux transfrontaliers restent des priorités pour assurer un impact concret et durable sur le terrain.
Vers une transformation régionale
Le PRIMA constitue une opportunité stratégique pour le Bénin et le Togo de renforcer l’intégration de leurs marchés agricoles et de dynamiser l’économie rurale. En combinant développement agricole, renforcement des capacités et intégration commerciale, le programme illustre l’importance d’une approche régionale pour relever les défis de sécurité alimentaire et de résilience face aux changements climatiques.
Avec une mise en œuvre progressive et un suivi rigoureux, le PRIMA pourrait devenir un modèle d’intégration régionale pour l’Afrique de l’Ouest, offrant aux agriculteurs familiaux les moyens de participer pleinement au développement économique et social de leurs pays.
Moudachirou ALIOU



