FILIÈRE CACAO : Abidjan et Accra unissent leurs efforts contre le swollen shoot

La Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé de renforcer leur coopération pour lutter contre le swollen shoot, une maladie virale qui fragilise fortement les plantations de cacao. Les deux pays ont adopté une stratégie commune couvrant la période 2026-2031, dans le but de freiner la progression de ce virus qui menace une filière dont ils assurent ensemble plus de 60 % de la production mondiale.
Les grandes orientations de cette feuille de route ont été validées lors d’un atelier tenu les 14 et 15 avril à Abidjan, organisé par l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire–Ghana (ICCIG). Cette rencontre a réuni les responsables du Conseil du Café-Cacao (CCC) et du Cocobod ghanéen, avec pour objectif d’harmoniser les actions de lutte et de renforcer la coordination entre les deux États.
Le swollen shoot est une maladie virale transmise par des insectes vecteurs. Elle provoque un affaiblissement progressif des cacaoyers et peut entraîner la destruction totale des plantations infectées, obligeant les producteurs à procéder à l’arrachage et à la replantation. Sa progression silencieuse, souvent sans symptômes visibles au début, rend son contrôle particulièrement complexe.Dans les deux pays, la situation est préoccupante.
En Côte d’Ivoire, la maladie est présente dans la majorité des principales zones de production. Au Ghana, environ 500 000 hectares seraient touchés, soit près d’un quart des superficies cultivées, avec des foyers particulièrement sévères dans certaines régions.Cette crise sanitaire s’ajoute à d’autres difficultés, notamment les conditions climatiques défavorables et l’orpaillage illégal, contribuant à la baisse de la production observée ces dernières années.
Les données de l’ICCO indiquent une chute de la production ivoirienne de 2,24 millions de tonnes en 2020/2021 à 1,85 million en 2024/2025, tandis que le Ghana enregistre une baisse estimée à près de 40 %.La stratégie adoptée repose sur plusieurs axes, notamment la réhabilitation des plantations, la surveillance phytosanitaire, la cartographie des zones touchées, la sensibilisation des producteurs et le développement de variétés résistantes grâce à la recherche conjointe.
Moudachirou ALIOU




