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COTON EN AFRIQUE DE L’OUEST : le Bénin consolide son leadership, le Mali et le Burkina Faso en quête de rebond

L’Afrique de l’Ouest confirme son statut de principal bassin cotonnier du continent africain. Véritable moteur économique pour plusieurs pays de la région, le coton demeure une importante source de devises, de recettes publiques et d’emplois.

Alors que la campagne 2026-2027 bat son plein, les producteurs font preuve d’ingéniosité et multiplient les stratégies pour une saison prospère, avec des ambitions diverses : consolider son leadership, reconquérir des parts de marché ou relancer une filière fragilisée.

Au Burkina Faso, les autorités affichent des ambitions particulièrement élevées pour la campagne 2026-2027. Le gouvernement vise une production de 532 000 tonnes de coton graine, contre 314 293 tonnes lors de la précédente campagne, soit une progression d’environ 69 %.
Pour soutenir cette relance, Ouagadougou a décidé de maintenir le prix du sac de 50 kg d’engrais à 17 500 FCFA grâce à une subvention estimée à 15,8 milliards de FCFA, financée par les sociétés cotonnières. Cette mesure vise à réduire les charges des producteurs et à encourager une hausse des superficies cultivées.

De son côté, le Bénin, premier producteur ouest-africain de coton, entend préserver son avance régionale. Le gouvernement béninois ambitionne une récolte de 700 000 tonnes de coton graine pour la campagne 2026-2027, soit une hausse de près de 8 %.
Afin de motiver les producteurs, une prime exceptionnelle de 10 FCFA par kilogramme est promise aux producteurs si le seuil fixé est atteint.
Dans le même temps, les autorités ont renforcé les subventions aux intrants agricoles avec une enveloppe de 31,87 milliards de FCFA, en hausse de 22,5 %, afin de maintenir l’accès des producteurs aux engrais malgré la hausse des prix sur le marché international.

Au Mali, la campagne à venir s’annonce comme celle de la reconquête après la perte du leadership régional au profit du Bénin.
Bamako table sur une production de 598 500 tonnes, contre 433 700 tonnes un an plus tôt. Soit une progression attendue de près de 38 %.
Pour atteindre cet objectif, la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) prévoit d’augmenter de 18 % les superficies emblavées pour atteindre 630 000 hectares. La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment la disponibilité des intrants subventionnés et la lutte contre les ravageurs, en particulier le jasside, considéré comme une menace majeure pour les rendements.

En Côte d’Ivoire, les perspectives apparaissent plus prudentes après deux campagnes marquées par un recul de la production. L’Association Professionnelle des Sociétés Cotonnières de Côte d’Ivoire (APROCOT-CI) vise une récolte de 400 000 tonnes de coton graine. Soit une hausse de 29 %. Le principal défi reste la remobilisation des producteurs, dont plusieurs se sont tournés ces dernières années vers des spéculations plus rentables comme le soja ou l’anacarde. Selon les données officielles, le nombre de producteurs actifs dans la filière a diminué de près de 20 % durant la campagne 2025-2026.

Dans un contexte régional marqué par la concurrence entre les grands bassins cotonniers, la campagne 2026-2027 se présente comme décisive pour l’avenir de la filière en Afrique de l’Ouest. Entre changement climatique, politiques de soutien, subventions agricoles et stratégies de relance, les principaux producteurs de la région, soutenus par les Etats, cherchent à renforcer leur compétitivité sur un marché mondial de plus en plus exigeant.
Seule la fin justifierait les moyens !

Moudachirou ALIOU

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