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POUR LA RELANCE DE SA FILIÈRE COTON : Le Ghana se tourne vers le Bénin

Après plusieurs années de déclin, l’industrie textile ghanéenne cherche un nouveau souffle. Pour sécuriser l’approvisionnement des usines et réduire sa dépendance aux importations, Accra veut relancer la production locale de coton et reconstruire progressivement une chaîne de valeur intégrée.

Un projet pilote de production cotonnière est actuellement développé sur une exploitation de plus de 20 hectares dans la municipalité de Savelugu, dans le nord du Ghana. Dénommée Northern Cotton Revival Initiative, cette initiative constitue, selon le ministère du Commerce, de l’Agribusiness et de l’Industrie, une première étape vers la relance de la production cotonnière à grande échelle. Le projet ambitionne notamment de créer une ceinture de production couvrant plusieurs districts de la région du Nord.

Présentant cette initiative comme un levier pour soutenir l’industrie textile, la ministre du Commerce, de l’Agribusiness et de l’Industrie, Elizabeth Ofosu-Adjare, estime qu’une hausse de l’offre locale de coton permettrait de garantir des matières premières aux fabricants de textiles et de vêtements, de réduire leurs coûts de production et de limiter la facture des importations.

Cette stratégie intervient alors que le Ghana cherche déjà des solutions pour approvisionner ses unités industrielles. En juillet dernier, le président John Dramani Mahama avait annoncé des discussions avec le Bénin, premier producteur africain de coton, en vue d’un accord d’approvisionnement en fibre destinée à l’usine Volta Star Textiles Limited, actuellement en cours de réhabilitation à Juapong, dans la région de la Volta. À son apogée, cette unité pouvait produire environ 26 millions de yards, soit près de 24 millions de mètres de tissu par an.

Le recours envisagé au coton béninois traduit les limites de la production locale. D’après les données de la FAO, le Ghana a produit autour de 28 000 tonnes de coton graine par an entre 2020 et 2024, sur environ 15 000 hectares. Une production encore insuffisante au regard des ambitions affichées pour le secteur textile.

Cofinancé par la Ghana Export-Import Bank (GEXIM) et la banque allemande de développement KfW, le projet dispose actuellement de 50 lignes de couture et emploie plus de 2 300 personnes dans sa première phase.

L’entreprise prévoit par ailleurs d’accroître progressivement son intégration avec le secteur agricole. La deuxième phase du projet doit notamment intégrer une unité de transformation du coton, tandis que la troisième prévoit la mise en place d’un réseau de producteurs locaux à travers un système d’Outgrower scheme, destiné à garantir un approvisionnement régulier en matière première.

À travers ces différentes initiatives, Accra entend donc dépasser la simple relance de la culture cotonnière. L’objectif est de reconstruire une chaîne de valeur intégrée, allant de la production du coton à la confection des vêtements, en passant par l’égrenage et la transformation textile.

Moudachirou ALIOU

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