IDENTIFICATION DES ACTEURS AGRICOLES EN GUINÉE : L’usage de cartes numériques préconisées

Le ministère de l’Agriculture de la Guinée a remis, mercredi 16 septembre 2026, les premières cartes numériques d’agriculteurs, au terme d’une phase pilote menée dans les régions de Kindia, Kankan et Mamou. L’objectif de la mise en place de cette carte numérique pour les agriculteurs en Guinée est de doter les producteurs d’une identité numérique afin de faciliter leur identification, d’établir la première base de données nationale des agriculteurs et d’améliorer leur accès aux financements et aux services agricoles.
La carte est équipée d’un Qr code et d’une puce permettant de vérifier les informations liées au producteur. Pour Pula, entreprise chargée de l’exécution du projet, l’outil doit surtout donner une identité numérique aux agriculteurs et renforcer leur visibilité auprès de l’État, des partenaires et des acteurs du secteur. « La carte que nous remettons aujourd’hui […] dépasse le simple fait d’avoir une carte d’agriculteur », a expliqué Thomas Njeru, cofondateur de Pula. Selon lui, cette identification peut notamment ouvrir la voie à l’accès au financement, au crédit et à certains marchés. L’enjeu est également institutionnel. Pour la Banque mondiale, représentée par Issa Diaw, les données agricoles fiables constituent un véritable facteur de production. Elles doivent permettre de mieux connaître le tissu productif et d’améliorer le ciblage des interventions et des investissements.
Du côté du ministère, avant de mieux accompagner les agriculteurs, il faut pouvoir les identifier. Le ministre Félix Lamah estime que le registre permettra notamment de connaître les acteurs selon leurs filières et les superficies qu’ils exploitent, afin d’orienter plus précisément les politiques publiques. Étant donné que les deux tiers de la population du pays vivent en milieu rural et que 80 % de ces ménages dépendent de l’agriculture, il faut une reconnaissance approfondie pour redresser la pente. « Pour apporter une meilleure réponse aux besoins des agriculteurs et mettre en place des politiques publiques ciblées, il faut d’abord les connaître et les identifier. Cette plateforme vient donc corriger cette faiblesse. Nous quittons progressivement une agriculture faite à tâtons pour aller vers une agriculture plus ciblée et moderne, appuyée par des outils numériques », a indiqué le ministre.
Arsène HOUNTON (Stg)




