PRODUCTION DE SEMENCES LOCALES: Un accent mis sur le maïs hybride

Le mercredi 5 août 2026 à N’Dali, une dizaine de producteurs semenciers ont pris part à une formation sur la production de semences de maïs hybride. Portée par le programme Acma3 avec la SoDeSeP SA, l’Inrab et la Direction de la Production Végétale (Dpv), cette initiative vise à développer une filière semencière locale, à réduire le coût des semences et à améliorer les rendements agricoles au Bénin.
Le Bénin poursuit les efforts de modernisation de son agriculture. Le programme Approche Communale pour le Marché Agricole Phase 3 (Acma3) a lancé, une formation destinée à un premier groupe de producteurs semenciers sur la production de semences de maïs hybride. L’objectif est de permettre au pays de produire localement des semences de qualité, aujourd’hui largement importées.
Financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, l’Acma3 entend faire de la semence un levier pour accroître la productivité agricole. Selon Moïse Adégnika, Responsable Innovation et Agriculture Intelligente du programme, cette initiative répond aux besoins exprimés par les acteurs du secteur et s’inscrit dans la réforme nationale visant à introduire les variétés hybrides.
La production locale devrait également faire baisser le prix des semences hybrides. D’après Éric Agoyi, Directeur technique de la SoDeSeP SA, le kilogramme de semences, vendu jusqu’à 3 500 FCFA lorsqu’il est importé, pourrait être proposé entre 1 000 et 1 500 FCFA grâce à la production nationale.
Au cours de cette formation, les participants ont découvert les techniques nécessaires à la production de semences hybrides. Ils ont été formé sur le choix des lignées parentales, la synchronisation de la floraison, l’épuration des plantes, les règles d’isolement ainsi que les techniques de castration et de pollinisation contrôlée. Pour Dr Symphorien Agbahoungba, Chef de l’Unité de Recherche sur le Maïs à l’INRAB, ces variétés hybrides offrent une meilleure productivité et une plus grande résistance aux maladies et aux effets du changement climatique. Il rappelle que neuf variétés hybrides sont déjà homologuées par l’INRAB.
Les bénéficiaires ont accueilli cette initiative avec satisfaction. Francine Yargo, productrice de semences à Tanguiéta, a estimé que cette formation permettra d’améliorer les rendements agricoles et de renforcer la sécurité alimentaire. En plus des connaissances techniques acquises, les producteurs pourront vendre leur production à la SoDeSeP SA, qui s’est engagée à l’acheter, la conditionner et la distribuer sur le marché national.
La formation, organisée en trois étapes tout au long du cycle cultural, s’est poursuivie le jeudi 6 août 2026 sur la ferme semencière de la SoDeSeP à Alafiarou. Les participants y ont effectué les premiers travaux de préparation du sol et le semis de la lignée parentale mâle, marquant ainsi le début de leur apprentissage pratique.
À travers cette initiative, Acma3 et ses partenaires posent les bases d’une production locale de semences hybrides, avec l’ambition de rendre les intrants plus accessibles aux producteurs et de renforcer durablement la filière maïs au Bénin.
Roger OMONDOUN (Stg)




