PRODUCTION DE LARVES DE MOUCHES SOLDATS NOIRES : Une filière innovante en structuration au Bénin

L’Hôtel du Lac a servi de cadre, ce mardi 17 mars 2026, à un atelier stratégique dédié à la validation du Référentiel technico-économique (RTE) relatif à la production des larves de mouches soldats noires. Portée par Swisscontact au Bénin dans le cadre du projet Béninclusif, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de structuration d’une filière locale innovante, capable de proposer une alternative durable aux intrants protéiques importés.
Dans un contexte marqué par les difficultés d’accès à des sources de protéines de qualité pour l’alimentation animale, la promotion de solutions locales apparaît comme une priorité stratégique. C’est dans cette optique que Swisscontact a réuni chercheurs, producteurs et spécialistes du secteur afin de valider un document de référence destiné à encadrer et professionnaliser la production d’insectes, notamment dans le sud du pays.
Pour Emmanuel Bossennec, directeur pays de Swisscontact, cette étape constitue un jalon important dans la mise à disposition d’outils techniques permettant d’accompagner la transformation des pratiques agricoles. Il souligne que ce référentiel ouvre des perspectives concrètes pour adapter les méthodes de production aux exigences du marché, tout en facilitant les démarches d’homologation nécessaires à la diversification des sources de provende, en particulier dans le secteur piscicole.
Les travaux de l’atelier ont été marqués par des présentations techniques détaillées, portant à la fois sur les technologies de production et sur la rentabilité économique de l’activité. Ces échanges ont permis de nourrir un dialogue constructif entre les différents acteurs engagés dans le développement de cette filière au Bénin.
Issues de recherches approfondies, les larves de mouches soldats noires présentent des avantages significatifs : un cycle de production rapide, une capacité élevée de valorisation des déchets organiques et une forte valeur nutritionnelle, avec environ 40 % de protéines et 20 % de lipides. Par ailleurs, leur production génère du « frass », un fertilisant organique apprécié pour l’amélioration des rendements agricoles.
Au terme des discussions, les participants ont formulé plusieurs recommandations, dont la transition d’un modèle de production artisanal vers une approche semi-industrielle. Cette évolution est perçue comme déterminante pour réduire les coûts, renforcer la compétitivité de la filière et favoriser son adoption à grande échelle.
Moudachirou ALIOU




