MICROPROPAGATION IN VITRO : Une innovation du professeur Corneille Ahanhanzo pour révolutionner l’agriculture béninoise

Dans le cadre de la mise en place de nouvelles approches compétitives pour le développement du secteur agricole béninois, le laboratoire du professeur Corneille Ahanhanzo met en place une technique de bio-production durable. Cette innovation permet de multiplier, en un temps record, des milliers de boutures prêtes à être cultivées en milieu naturel.
Reconnu comme l’un des meilleurs laboratoires de recherche en Afrique de l’Ouest, celui du professeur Ahanhanzo s’est spécialisé dans la multiplication rapide des plants grâce à la biotechnologie. Fini donc les pertes auxquelles sont confrontés les acteurs agricoles, place désormais au rayonnement des cultures au Bénin.
La première édition des portes ouvertes à l’École d’Orthopédie et d’Aménagement des Espaces Verts, initiée par le professeur Martine Zandjanakou Tachin, a permis de présenter ces innovations avec des résultats concrets à l’appui. Selon le chargé de présentation, la technique permet non seulement de sélectionner les variétés recherchées, mais aussi de les conserver pendant près de dix ans. Il n’a pas manqué de saluer le professeur Ahanhanzo, « grand développeur de cette technologie et premier à introduire une telle innovation au Bénin ».
Le laboratoire présente ainsi les apports des biotechnologies végétales dans le développement agricole. Pour preuve, le Bénin a été choisi pour produire, à travers les cultures in vitro de boutures de manioc, des semences saines destinées à quinze pays de la sous-région.
Concernant la procédure, le chargé de présentation explique : « Ce qui se fait traditionnellement est transféré au laboratoire, sans ajout de produits. Notre technique stimule le réveil génétique et accroît le rendement. Nous prélevons de petites portions de boutures de manioc que nous introduisons dans un milieu artificiel. Un seul tube peut couvrir à lui seul dix hectares. Ces plants, une fois adaptés, sont remis aux producteurs pour être cultivés en conditions naturelles. »
Les résultats obtenus confirment l’efficacité de la technique. « Aujourd’hui, nous visons la production de 100 hectares avec ce procédé. Le gouvernement nous a déjà confié la production de 10 000 hectares de rejets d’ananas en moins de deux ans. Grâce à nos infrastructures, c’est possible », précise-t-il. Il ajoute : « L’agriculture moderne ne peut plus se limiter aux engrais chimiques. Dans les pays développés, la clé réside dans la multiplication, la conservation et la distribution de plants sains. »
Sur place, les résultats sont visibles avec de jeunes pousses d’ananas en cours de développement. À titre d’exemple, l’intervenant explique : « À partir d’une seule tête d’ananas jetée après consommation, nous prélevons une vingtaine d’échantillons. Chacun se développe ensuite pour donner des rejets en bocal. Lorsque ceux-ci grossissent, ils sont transférés dans un récipient plus grand afin de poursuivre la multiplication. Nous pouvons produire des rejets adaptés aux besoins spécifiques d’un pays, ce qui garantit une homogénéité et l’absence de maladies. »
Avec cette méthode, il suffit de 100 g d’ananas pour obtenir un plant, contrairement à la méthode classique qui exige 300 à 450 g. Ces plants résistent à différentes conditions climatiques et sont disponibles sur commande. Le gouvernement et le laboratoire travaillent déjà à mettre en place un dispositif de proximité pour faciliter l’accès de la population à cette technologie.
Euphraisie Koudaka (Stg)



