GESTION DES CONFLITS AGRO-PASTORAUX AU BÉNIN : le CES et le ministère de la Décentralisation indiquent la voie

Au siège du Conseil économique et social (Ces), une séance de travail s’est tenue le vendredi 5 décembre 2025 autour d’un enjeu majeur : la prévention et la gestion des conflits agro-pastoraux qui opposent régulièrement agriculteurs et éleveurs dans plusieurs communes du Bénin. À l’initiative du Ces, la rencontre a réuni l’institution et le ministère de la Décentralisation afin d’évaluer les dispositifs existants et proposer des solutions durables pour préserver la cohésion sociale dans les terroirs.
Face aux tensions récurrentes liées à l’usage des terres, des points d’eau et des couloirs de transhumance, le président du Ces, Conrad Gbaguidi, a insisté sur la nécessité de mieux comprendre les mécanismes institutionnels en place, les données disponibles et les modes de gestion opérationnels appliqués sur le terrain. Pour lui, une vision plus structurée est indispensable pour contenir efficacement les conflits et renforcer la paix entre communautés agricoles et pastorales.
Le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Raphaël Akotègnon, a relevé plusieurs limites dans le fonctionnement des comités multi-acteurs chargés de gérer les différends locaux. Bien que ces structures jouent un rôle central dans la prévention des crises, leur installation n’est pas toujours effective et leurs données ne sont pas régulièrement mises à jour. Le ministre appelle donc à un leadership communal plus affirmé, à un dialogue social renforcé et à l’aménagement d’infrastructures adaptées à la mobilité du bétail. « Il faut que la loi soit vulgarisée et appliquée à tous les niveaux », a-t-il insisté.
Du côté du Ces, Isidore Gnonlonfon a rappelé que la coexistence pacifique entre agriculteurs et éleveurs conditionne la durabilité de la production agricole et animale. Selon lui, seule une collaboration active entre communautés rurales, autorités locales et société civile peut transformer les zones de tension en espaces de coopération.
Au terme des échanges, les deux institutions s’accordent sur trois priorités : prévenir, dialoguer et construire. Une dynamique que le Ces et le ministère de la Décentralisation entendent renforcer pour apaiser durablement les terroirs et sécuriser les activités de productions agricole et pastorale.
Nadjahatou BAGUIRI




