JOURNÉE NATIONALE DU POISSON D’ÉLEVAGE AU BÉNIN : La question de l’alimentation piscicole préoccupe l’interprofession

L’Interprofession Poisson d’Élevage du Bénin (IPEB) a organisé, du jeudi 11 au samedi 13 décembre 2025 à Porto-Novo, la quatrième édition des Journées Nationales du Poisson d’Élevage du Bénin (JoNAPEb). Placée sous le thème « Développement de la pisciculture au Bénin : enjeux économiques, environnementaux, employabilité et alternatives agroécologiques », cette rencontre vise à identifier les défis de la production du poisson d’élevage et à dégager des perspectives durables pour la filière.
Pour le gouvernement, la filière poisson occupe une place stratégique dans l’économie nationale. « La filière poisson, son importance n’est plus à démontrer. Elle contribue énormément aux revenus des acteurs, à l’économie nationale et à la sécurité alimentaire », souligne Madeleine Lafia Mora, secrétaire générale du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche.
Du côté des structures déconcentrées Prospère Sagbo, directeur général de l’ATDA pôle 7, rappelle l’engagement du gouvernement : « Le gouvernement du président Patrice Talon a fait de la promotion de la filière aquaculture une priorité stratégique. Les financements consentis par le budget national au profit de cette filière n’ont fait que s’accroître depuis trois ans. »
Pendant trois jours, les participants examinent les contraintes majeures qui freinent le développement de la pisciculture au Bénin. Parmi elles, la disponibilité et le coût élevé de l’alimentation pour poissons, qui représentent la principale charge pour les producteurs. Selon Christian Guidigbi, président de l’Interprofession Poisson d’Élevage du Bénin, l’alimentation pèse lourdement sur la rentabilité des exploitations. « 70 % des coûts sont liés à l’alimentation. Même subventionnée, elle revient à environ 650 francs CFA le kilo. Sans subvention, vous pouvez imaginer l’impact sur les coûts de production. Pour réduire les importations, il faut que la production nationale consomme au moins 10 000 tonnes d’aliments par an. Notre ambition est aussi de nourrir réellement toute la population béninoise» , a-t-il laissé entendre
Pour Cyrille Aholoukpè, représentant des ptf, des solutions sont en vue. « Les goulots qui empêchent la disponibilité de l’aliment à temps seront levés. Vous pourrez acheter l’aliment à des conditions beaucoup plus compétitives. L’approche programmatique permet aujourd’hui de s’assurer que les résultats seront réellement atteints », a-t-il précisé.
Panels thématiques, communications et ateliers de réflexion ont rythmé cette quatrième édition de la Journées Nationales du Poisson d’Élevage.
Nadjahatou BAGUIRI




