PAG 2016-2026 : Le Borgou récolte les fruits d’une décennie de réformes agricoles

De la territorialisation des politiques agricoles à la mécanisation massive, en passant par la restructuration des filières, les Programmes d’Action du Gouvernement (PAG) ont profondément redessiné le paysage agricole du département du Borgou. Entre 2016 et 2026, les résultats parlent d’eux-mêmes.
Au Bénin, le développement de l’agriculture n’est pas qu’une promesse, mais une réalité mesurable. Dans le Borgou, les données consolidées sur la période 2016-2024 témoignent d’une dynamique soutenue impulsée par les PAG 1 et 2.
En l’espace de huit ans, la production céréalière est passée de 247 202 tonnes à 333 074 tonnes, soit une hausse globale de 35 %, correspondant à un taux d’accroissement annuel moyen de 4 %. Le maïs et le sorgho demeurent les piliers de cette performance, représentant respectivement 84 % et 11 % de la production céréalière départementale.
Mais c’est du côté des légumineuses que la progression est la plus spectaculaire. Leur production a plus que doublé, passant de 95 545 tonnes en 2016 à 194 074 tonnes en 2024, avec un taux d’accroissement annuel moyen de 11 %. Le soja et le pois d’angole tirent cette croissance vers la hausse, affichant des taux respectifs de 12 % et 16 %, confirmant leur rôle stratégique dans la diversification agricole.
Les racines et tubercules ne sont pas en reste. De 1 264 557 tonnes en 2016, leur production atteint 1 514 130 tonnes en 2023, soit une augmentation de 19 %. L’igname et le manioc s’imposent comme les principales cultures de ce groupe, assurant la sécurité alimentaire des ménages ruraux.
Même dynamique, quoique plus modérée, pour les cultures maraîchères. La production est passée de 12 974 tonnes à 14 591 tonnes entre 2016 et 2023. Toutefois, certaines spéculations se distinguent nettement : l’oignon affiche un taux d’accroissement annuel moyen de 33 %, tandis que le gombo progresse de 12 % sur la période 2016-2024.
Les cultures industrielles et l’élevage en plein essor
Entre 2016 et 2023, les cultures industrielles dans le Borgou ont connu une croissance remarquable. Leur production est passée de 89 366 tonnes à 168 547 tonnes, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 9 %. L’anacarde demeure la locomotive du secteur, avec une production en hausse de 66 925 à 114 325 tonnes, confirmant son statut de culture industrielle phare, suivie du coton.
Du côté de la production animale, les performances sont tout aussi éloquentes : 11 % de plus pour les bovins, 62,02 % pour les caprins, 51,2 % pour les ovins et 54,34 % de plus pour les porcins, traduisant l’impact des politiques d’appui à l’élevage.
Une politique publique pensée à partir des territoires
Pour le directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Dossa Aguemon, ces résultats ne doivent rien au hasard. « Si tout cela a été réalisé, ce n’est point le fruit du hasard. C’est le résultat d’une rencontre féconde entre l’ingénierie locale du Borgou et une politique publique agricole intelligente », souligne-t-il. Selon lui, la réforme de la territorialisation, engagée dès 2017, a marqué un changement de paradigme, en faisant des potentialités locales le principal levier de conception et de mise en œuvre des politiques agricoles.
Des investissements massifs et structurants
Près d’une trentaine de projets et programmes, financés par les partenaires techniques et financiers et le Programme d’Investissement Public (PIP), ont touché l’ensemble des filières végétales, animales et halieutiques. À travers le FNDA, 4 937 projets ont été financés, pour un montant global de 4,4 milliards FCFA, avec une garantie de 729 millions FCFA, au bénéfice de milliers de producteurs, hommes et femmes.
Le dispositif d’encadrement s’est renforcé avec 43 structures de conseil agricole agréées, mobilisant près de 200 conseillers agricoles. En parallèle, la mécanisation a connu une accélération sans précédent : 656 tracteurs, 2 577 motoculteurs, 3 911 semoirs, 913 batteuses, 220 décortiqueuses, sans oublier les équipements de transformation.
Au total, 447 unités de transformation semi-modernes et modernes couvrent désormais les filières riz, manioc, anacarde, soja, maïs, lait, viande, karité et coton, dont une douzaine d’unités industrielles.
Infrastructures, aménagements et accès aux intrants
Les PAG ont également mis l’accent sur les infrastructures : 942,91 hectares aménagés pour le riz, le maraîchage et la pisciculture, 130 infrastructures de stockage d’une capacité totale de 64 683 tonnes, plus d’une dizaine de magasins d’intrants, ainsi que 199 pistes rurales représentant 2 241,49 km de linéaires.
À cela s’ajoutent les actions en faveur de l’élevage pastoral, la mise en place de plants greffés d’anacarde, de semences améliorées, de géniteurs, et l’appui à la production fourragère.
Une méthode, une vision, un sacre continental
Pour Dossa Aguemon, la réussite du secteur agricole béninois repose sur ce qu’il appelle la « Méthode Talon », résumée en trois mots : vision, rigueur et sens du détail. Une méthode qui a permis au Bénin de se hisser au premier rang de la CEDEAO et au cinquième rang africain selon le dernier rapport biennal d’évaluation des politiques agricoles. « Ce sacre rappelle que le Bénin n’est pas devenu premier producteur africain de coton par hasard », insiste-t-il, saluant la vision du président Patrice Talon et la conduite du secteur par le ministre Gaston Dossouhoui.
Au terme de dix années de réformes et d’investissements, le PAG aura ainsi posé les bases d’une agriculture béninoise productive, compétitive et orientée vers la transformation, avec une finalité claire : offrir aux acteurs des chaînes de valeur agricoles un service de qualité et durable.
Moudachirou ALIOU




