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POUR BOOSTER SA PRODUCTION ET SA TRANSFORMATION LOCALES DE KARITÉ : Le Ghana installe bientôt un nouveau complexe industriel

Le Ghana confirme son ambition de renforcer la transformation locale de ses matières premières agricoles. Cinquième producteur mondial de noix de karité, derrière le Nigeria, le Mali, le Burkina Faso et le Bénin, le pays entend capter une part plus importante de la valeur ajoutée générée par cette filière stratégique.

C’est dans cette perspective que le gouvernement ghanéen a annoncé la création d’un pôle industriel dédié à la transformation du karité à Wa, dans la région de l’Upper West. Le projet, baptisé Shea Park Resource Hub, a été officiellement lancé le 31 janvier par le président John Dramani Mahama. Il s’inscrit dans une politique plus large d’industrialisation agricole visant à moderniser les chaînes de valeur et à stimuler l’emploi local.

Conçu comme un écosystème agroindustriel intégré, ce futur complexe doit structurer l’ensemble de la filière, depuis la transformation primaire jusqu’aux produits à forte valeur ajoutée. Selon un communiqué publié par les autorités, le site accueillera des unités modernes de transformation du karité destinées à la production de biens cosmétiques, alimentaires, nutraceutiques et pharmaceutiques, ouvrant ainsi la voie à une diversification des débouchés industriels.

Le chef de l’État a précisé que l’infrastructure comprendra également des laboratoires de contrôle qualité, des centres de formation et de renforcement des capacités, ainsi que des installations de stockage, de logistique et d’entreposage. À cela s’ajouteront un accès facilité aux marchés, des solutions énergétiques basées sur le solaire, des unités de traitement et de recyclage de l’eau, des incubateurs d’entreprises, des coopératives et des dispositifs dédiés à l’exportation. L’objectif est de créer un environnement propice au développement d’un tissu industriel local compétitif.

Si les modalités de financement du projet n’ont pas encore été détaillées, les autorités affichent des retombées sociales ambitieuses. À pleine capacité, l’écosystème devrait contribuer à l’autonomisation de plus de 7 000 femmes dans l’Upper West, région où la collecte et la transformation artisanale du karité constituent une source essentielle de revenus. Des milliers d’emplois sont également attendus pour les jeunes, dans les activités de transformation, de logistique et de services connexes.

Au-delà de l’impact local, ce projet pourrait renforcer la position du Ghana sur le marché international des produits dérivés du karité. Selon la Bourse des matières premières du Ghana (GCX), la noix brute représente actuellement près de 75 % des ventes de la filière, contre seulement 18 % pour le beurre transformé localement et 5 % pour l’huile de karité. Cette structure des exportations met en évidence un important déficit de transformation, mais aussi un potentiel considérable de création de valeur.

Moudachirou ALIOU

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