Troisième édition de la fête des cotonculteurs : 198 organisations paysannes honorées par l’AIC

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Les cotonculteurs ont été célébrés dans la cité des Sohavi (Savalou) le 20 juillet 2019. Appuyé des Ministres de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep), Gaston Dossouhoui, et de l’Industrie et du Commerce, Serge Ahissou et de nombreux autres responsables du secteur ; le président de l’Association Interprofessionnelle du Coton (Aic), Mathieu Adjovi, a donné un point d’honneur à la réussite de cet évènement en offrant des prix significatifs aux cotonculteurs venus de huit départements. Il s’agit de l’Alibori, de l’Atacora, du Borgou, des Collines, du Couffo, de la Donga, du Plateau et du Zou.

Par Akotchayé DASSI

«Encourager les coopératives qui travaillent à l’augmentation des productions cotonnières ; stimuler davantage les cotonculteurs qui ont permis au Bénin de faire un record inégalable de production cotonnière cette saison ; encourager et détecter des talents dans le domaine du coton ; maintenir le cap et accroitre la production», tels sont les objectifs poursuivis par les organisateurs de la 3ème édition de la Fête Nationale du Cotonculteur (Fnc) qui s’est déroulée le 20 juillet 2019 dans l’enceinte du stade municipal de Savalou. Organisée par les producteurs et les égreneurs regroupés au sein de la grande famille de l’Association Interprofessionnelle du Coton (Aic), l’activité a permis de distinguer 198 organisations paysannes. Ces dernières ont reçu plusieurs matériels : «des tracteurs, des motoculteurs, des motos (tricycles, semeuses), des ordinateurs» précise le maire de la commune de Savalou, Prosper Iroukora.

L’action collective récompensée

Pour le compte de cette 3ème édition, le travail collectif des producteurs a été mis en valeur. Selon le président de l’Aic, Mathieu Adjovi, ce choix vise à écarter toute possibilité de clientélisme dans la sélection des lauréats : « nous avons fait l’option, cette année, de récompenser la solidarité et l’action collective en primant les coopératives et leurs unions communales et non les performances individuelles qui, parfois, font l’objet de contestations liées à certaines fraudes avérées et suspectées », va-t-il déclarer.  Pour le ministre en charge de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Gaston Dossouhoui, 23 Unions communales (Ucom) et 175 Coopératives Villageoises des Producteurs de Coton (Cvpc) sont reparties avec des lots. 4 catégories de prix sont décernées. Il s’agit du prix national Ucom qui récompense les Unions Communales les plus performantes. Le prix départemental Cvpc qui récompense les meilleures coopératives, par département éligible. Le prix communal Cvpc qui récompense les coopératives villageoises les plus performantes, dans les communes éligibles. Le prix spécial Cvpc Espoir qui récompense la meilleure progression de production entre les deux campagnes, dans les communes émergentes et à faibles productions. Les acteurs satisfaits de leurs efforts, Amadou Soule Alassane, délégué de la région des 2 KP (Kérou, Kouandé et Péhunco) de l’Aic, région qui contribue à près de 60% de la production nationale, a exprimé sa grande joie tout en faisant signifier que la mise en place d’une fête nationale des cotonculteurs galvanise davantage les producteurs. Comme lui, le représentant de la Cvpc de Sèkèrè-Gando 1, Mohamed Geti, ayant reçu un tracteur pour le compte de son organisation, ne cache pas sa joie: «Vraiment, je suis très content», laisse-t-il simplement entendre. De son côté, le ministre de l’Industrie et du Commerce tient à préciser la place prépondérante du coton dans l’économie béninoise: «il est un facteur de croissance avérée de l’économie nationale» affirme Serge Ahissou. Et les chiffres de la campagne 2018-2019 ont de quoi lui donner raison. Sur une superficie totale de 644.530 hectares emblavés pour une production de près 678.000 tonnes, précisément un montant de 99.758.679.500 de FCFA sont payés globalement aux cotonculteurs. En outre Mathieu Adjovi a précisé que « 52 milliards de FCFA sont allés dans les mains des transporteurs. La contribution directe de la filière au budget de l’Etat est évaluée à 13 milliards de Fcfa », avant d’ajouter fièrement que : «les acteurs ont gagné 11 milliards de Fcfa. Le coton, cette saison, a été produit sans aucune subvention de l’Etat».

De grandes ambitions pour la prochaine campagne

L’objectif visé pour la campagne cotonnière 2019-2020 est d’atteindre 800 000 tonnes. Pour ce faire, un plan très clair est mis en place. Mathieu Adjovi, l’homme fort de l’or blanc béninois ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les objectifs de la saison 2021 sont connus. La barre fixée a de quoi donner le tournis. «L’année 2021, une année phare serait celle d’une projection importante. Nous envisageons de réaliser 1 million de tonnes», confie le président de l’Aic. Citant Malraux, Gaston Dossouhoui a signifié qu’il n’y a pas mille manières de vaincre. «Il est facile d’être premier mais le plus difficile est de le rester» fait remarquer le ministre invitant par cette occasion les agriculteurs à retrousser les manches : «nous devons éviter de faire le bradage de nos intrants et de sous doser la pilule et les traitements, nous devons suivre rigoureusement les conseils de l’encadrement, procéder à une récolte échelonnée du coton, au fur et à mesure des ouvertures des capsules» conclut-il. Depuis la campagne 2016-2017, un nouvel air souffle sur la production cotonnière au Bénin. Les excellents résultats obtenus au cours de ces dernières années sonnent définitivement le glas du renouveau du coton béninois.

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