RENDEMENT DU COTON EN AFRIQUE DE L’OUEST : Le Bénin classé premier pour la campagne 2025-2026

La campagne cotonnière 2025-2026 marque une évolution notable des pays producteurs en Afrique de l’Ouest. Le classement en terme de rendement rendu public par le Département américain de l’Agriculture (USDA), traduit un réajustement des performances agricoles dans la sous-région. À mesure que les récoltes se sont précisées et que les données techniques ont été consolidées, les indicateurs de productivité ont permis de mieux apprécier la hiérarchie réelle entre les principaux pays producteurs.
Dans un bulletin consacré au suivi de la campagne, le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA) avait déjà signalé une dynamique d’évolution des prévisions, laissant entrevoir des changements dans les niveaux de rendement selon les pays. Ces tendances se sont confirmées avec la publication, en décembre 2025, de nouvelles données du Département américain de l’Agriculture (USDA), qui appuient cette reconfiguration du paysage cotonnier régional.
Selon la publication, le Bénin occupe désormais la première place en Afrique de l’Ouest en matière de rendement, avec une productivité moyenne estimée à 0,73 tonne de coton par hectare. Cette performance repose sur le rapport entre la production totale obtenue et les superficies emblavées, un indicateur clé pour mesurer l’efficacité des systèmes de production agricole.
Sur le terrain, les producteurs attribuent cette avancée à une amélioration des pratiques culturales. « Cette première place du Bénin en rendement n’est pas un hasard. Nous avons bénéficié d’un meilleur encadrement technique, de semences plus performantes et d’un suivi plus régulier des parcelles. Les producteurs appliquent davantage les itinéraires techniques recommandés, notamment pour la fertilisation et la lutte contre les ravageurs », confie TOGORE Issa, cotonculteurs à Banikora
Le Bénin devance ainsi plusieurs pays traditionnellement considérés comme des poids lourds de la filière. Le Nigéria enregistre un rendement moyen de 0,56 tonne par hectare, tandis que le Mali affiche 0,53 tonne par hectare, malgré un recul de sa production évalué à 4,8 %. Ces écarts de performance, selon les spécialistes, s’expliquent par des facteurs techniques, organisationnels et environnementaux.
Pour les responsables d’organisations agricoles, les producteurs constitue un levier déterminant. « La structuration en coopératives facilite l’accès groupé aux intrants, aux équipements et à l’information technique. Les producteurs sont aujourd’hui mieux organisés et plus réactifs face aux aléas de la campagne », explique Mohamed Bawa président des agriculteurs autonomes du Bénin.
Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire complètent le classement ouest-africain avec des rendements respectifs de 0,46 tonne et 0,44 tonne par hectare. Ces niveaux illustrent les disparités existantes au sein de la sous-région, où les résultats varient sensiblement d’un pays à l’autre.
D’un point de vue technique, le rendement demeure un indicateur d’efficacité plus révélateur que le seul volume produit. « Le Bénin a progressé dans la maîtrise des densités de semis, du calendrier cultural et du suivi phytosanitaire. Même sans forte extension des superficies, l’amélioration des pratiques permet d’obtenir davantage de coton par hectare », souligne l’ingénieur agricole TAKPA.
À l’échelle du continent, les contrastes apparaissent encore plus marqués. Le Cameroun se distingue avec un rendement estimé à 1,54 tonne par hectare, soit plus du double de la moyenne observée en Afrique de l’Ouest, ce qui met en évidence l’hétérogénéité des niveaux de productivité entre les différentes zones cotonnières africaines.
Au plan économique, cette performance renforce la position du Bénin. « Avec un rendement plus élevé, le coût de production par tonne tend à diminuer. Cela améliore les marges des producteurs et la solidité de la filière, tout en renforçant la compétitivité sur le marché régional », analyse Dosou Jean-Pierre économiste agricole.
À terme, cette dynamique pourrait favoriser davantage d’investissements, notamment dans la transformation locale.
Ainsi, le classement établi à partir des données comparant superficies emblavées et volumes récoltés offre une lecture plus fine des dynamiques en cours. La campagne 2025/2026 met en lumière une évolution des équilibres régionaux et confirme que les gains de productivité deviennent un levier stratégique majeur de la compétitivité agricole.
Moudachirou ALIOU




