VISION BÉNIN 2060L’agriculture comme fer de lance d’une vision de développement partagée

Cotonou a abrité le mardi 03 février 2026 sous l’égide du Chef de l’État Patrice Talon, le lancement officiel de « Vision Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs ».
C’est un document stratégique qui expose les grandes orientations du développement du Bénin pour les 35 prochaines années. Comme l’on pouvait s’y attendre, l’agriculture y est positionnée comme principal pilier de la transformation structurelle de l’économie nationale ; visée comme un secteur moderne, mécanisée et durable.
« Gouverner, ce n’est pas seulement transformer le présent. C’est aussi et surtout préparer l’avenir. C’est pourquoi nous avons le devoir aujourd’hui de consolider nos acquis et de les inscrire dans une trajectoire lisible et durable ». Ainsi s’exprimait le président Patrice Talon pour justifier l’adoption de la loi N°2025-16 du 10 juillet 2025 portant vision nationale de développement à l’horizon 2060 en République du Bénin, transcrite, consignée et illustrée dans le document intitulé « Vision Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs », dont il présidait la cérémonie officielle de lancement.
L’importance de ce document qui s’inspire de cette loi votée par les députés de la 9ème législature ne se démontre plus. Le Bénin décide de se positionner dans la planification sur le long terme renonçant ainsi à naviguer à vue.
Dans cette planification, l’agriculture est positionnée en tant que moteur fondamental de prospérité, visant une transformation durable, moderne et compétitive.
L’agriculture en effet, fournit des matières premières, génère des devises par l’exportation et favorise le développement industriel. De ce fait, elle assure la sécurité alimentaire, en stimulant la croissance du PIB, et en employant une large part de la population active, surtout jeune.
Positionnement de la production végétale
La vision Bénin 2060 projette une agriculture axée sur la sécurité alimentaire et la valorisation du potentiel agro-écologique, la modernisation des exploitations familiales, la diversification des filières et la résilience face aux changements climatiques.
L’accent y est mis sur l’adoption de technologies avancées pour augmenter la productivité, la couverture alimentaire nationale en soutenant les filières vivrières telles que le maïs, le riz et le manioc, et l’agro-insdustrie.
La vision premeut une agriculture intelligente face aux changements climatiques et la gestion durable des terres, des écosystèmes et des pêcheries. Quant à la professionnalisation du secteur, elle envisage la valorisation du statut des producteurs, et la structuration des acteurs pour en faire de véritables entreprises agricoles.
Face aux défis climatiques et aux conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs, la vision encourage la sédentarisation des élevages pour améliorer la productivité et la gestion des ressources.
Positionnement de la production animale
Le positionnement de l’élevage vise à transformer le secteur d’ici le centenaire de l’indépendance. Il s’inscrit dans la modernisation avec un accent sur la sédentarisation, l’intensification des productions bovines, avicoles et porcines, et la structuration des chaînes de valeur.
L’objectif est de réduire la dépendance aux importations massives de produits carnés en augmentant la production locale de viande et de lait.
Il est identifié comme une source de création de richesse et d’emplois, notamment pour les jeunes à travers la professionnalisation dans les sous secteurs pisciculture, élevage de volailles et porcins.
L’approche s’inscrit dans la durée, avec des réformes techniques pour garantir un élevage plus performant et intégré, cohérent avec les piliers de la vision 2060.
Positionnement de la mécanisation et de la formation professionnelle agricoles
La mécanisation et la formation agricoles sont des piliers stratégiques pour une agriculture moderne, durable et à forte valeur ajoutée, visant la souveraineté alimentaire et l’industrialisation. Elles sont au cœur de la transformation du secteur avec des outils adaptés, la formation des acteurs et la modernisation, s’alignant sur une vision de « monde de splendeurs » à l’horizon 2060.
La stratégie vise à rompre avec les méthodes traditionnelles, en promouvant une mécanisation rationnelle, adaptée aux contextes socio-économiques et agro-écologiques pour soutenir les chaînes de valeur, couvrant l’ensemble des opérations de production, récolte, post-récolte et transformation, pour accroître les rendements et la compétitivité.
La mécanisation est étroitement liée au développement de la zone industrielle de GDIZ pour une transformation locale et une agriculture intelligente.
La formation agricole et le renforcement des capacités des acteurs sont cruciaux pour l’utilisation des nouveaux équipements et le développement de l’entrepreneuriat agricole.
La professionnalisation quant à elle, vise ici à former des opérateurs de matériel agricole, des mécaniciens et des artisans qualifiés, indispensables pour la maintenance et la pérennisation des outils, d’où les nouvelles filières de formation dans les lycées techniques agricoles.
La formation des acteurs eux-mêmes à de nouvelles technologies et à des pratiques durables se trouve aussi en bonne place de la vision.
Tous ces leviers soutiennent la souveraineté alimentaire, la compétitivité des produits, la valorisation des chaînes de valeur et la cohésion nationale, pour faire du Bénin une puissance agricole à l’horizon 2060.
Dans la vision « Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs », l’agriculture maintient sa place de choix, comme contributeur principal au PIB, garante de la réduction de la pauvreté, créatrice d’emplois, source de devises et de matières premières et locomotive du marché intérieur.
Nik Dimbo




