RECHERCHES AGRICOLES ET TECHNOLOGIES NUCLÉAIRES : Un nouvel élan pour l’agriculture béninoise

Le Bénin franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son agriculture. Dans un contexte de coopération scientifique accrue en Afrique, le Dr Simeon Ehui, directeur général de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) et directeur régional du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) pour l’Afrique, a effectué une mission stratégique à Cotonou. Cette visite au Bénin vise à aligner les innovations agricoles sur les priorités nationales et soutenir une croissance durable du secteur.
Docteur Simeon Ehui et sa délégation, dès leur descente à Cotonou ont multiplié les rencontres avec les principales autorités béninoises. Parmi elles, Gaston Cossi Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Orou Hermann Takou, directeur de cabinet du ministère de l’Économie et des Finances, ainsi qu’Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale. Les discussions ont également associé le bureau pays de la Banque mondiale, conduit par Nestor Coffi et Nazaire Idrissou Houssou.
Au cœur des échanges figurait l’intégration des technologies développées par l’IITA dans les programmes agricoles nationaux, le renforcement des capacités des systèmes de production et l’implication accrue des jeunes dans les chaînes de valeur agricole. « Notre mission est d’accompagner le programme agricole du Bénin en adaptant nos innovations aux besoins locaux, notamment à travers l’amélioration variétale, l’autonomisation des jeunes et la promotion d’une agriculture intelligente face au climat », a souligné Dr Ehui.
La coopération s’étend également au domaine scientifique et sanitaire, avec l’appui de partenaires internationaux comme la FAO et le Centre mixte FAO/AIEA. Grâce à ces collaborations, le Bénin a introduit l’insémination artificielle chez les bovins et recourt désormais à la technologie nucléaire RT-PCR pour détecter rapidement certaines maladies animales, dont la peste des petits ruminants et la salmonelle.
De plus, avec le soutien de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Université d’Abomey-Calavi développe des compétences avancées dans l’utilisation des techniques isotopiques, notamment pour analyser les pratiques d’allaitement maternel et l’absorption du fer issu de l’alimentation. Les experts recommandent désormais de renforcer la production de données nutritionnelles afin de mieux orienter les politiques publiques.
À travers cette dynamique, l’IITA et ses partenaires entendent accélérer la diffusion d’innovations agricoles climato-intelligentes, consolider la sécurité alimentaire et soutenir le développement économique du Bénin.
« L’AIEA reste pleinement engagée aux côtés du Bénin pour valoriser les applications pacifiques de la science nucléaire au service de la sécurité alimentaire et du développement humain », a affirmé la directrice générale adjointe de l’institution.
Moudachirou ALIOU




