ALGÉRIE : La bataille du lait s’intensifie pour réduire la dépendance aux importations

Premier marché africain de produits laitiers, l’Algérie accélère la transformation de sa filière afin de réduire une dépendance historique aux importations. Entre modernisation industrielle et partenariats internationaux, le pays multiplie les initiatives pour renforcer sa production locale et stabiliser son marché.
Le 19 février 2026, les autorités ont inauguré une nouvelle laiterie dans la zone industrielle de Rouiba, à l’est d’Alger. Réalisée par le Groupe industriel public des productions laitières (Giplait), cette infrastructure implantée sur un site de quatre hectares marque une étape importante dans la stratégie nationale de développement du secteur. Bien que le coût de l’investissement n’ait pas été rendu public, l’unité affiche une capacité de transformation de 1 200 tonnes de lait par jour, ce qui en fait la plus grande laiterie actuellement en activité dans le pays.
Dotée d’équipements modernes, l’installation vise à améliorer la qualité des produits, à sécuriser l’approvisionnement du marché et à réduire les pénuries récurrentes. Selon la PDG de Giplait, Samah Lahlouh, ce projet constitue un levier stratégique pour développer la filière, renforcer la production nationale et contribuer à la stabilité des produits alimentaires de première nécessité.
Parallèlement, Alger mise sur les investissements étrangers pour consolider toute la chaîne de valeur. Ces ambitions répondent à un défi majeur. D’après la FAO, l’Algérie a importé en moyenne plus de 431 000 tonnes de produits laitiers par an entre 2020 et 2024, pour une facture annuelle d’environ 1,61 milliard de dollars. Ainsi à travers cette offensive industrielle, le pays ambitionne désormais de réduire sa dépendance extérieure et de poser les bases d’une véritable souveraineté laitière.
Moudachirou ALIOU




