Innovation numérique : Les startups, l’univers des maîtres-à-penser qui révolutionnent l’agriculture

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Les startups sont de jeunes entreprises en quête de financement ou de compétences pour la réalisation des idées novatrices dans un secteur d’activité donné. Qu’elles soient du milieu médical, économique, bancaire ou des finances, leur point commun est de trouver des solutions pour améliorer le quotidien de leur environnement. Depuis quelques années, elles sont en vogue et il ne se passe pas un jour où l’on ne célèbre leurs prouesses. Le monde agricole ne fait pas figure de parent pauvre dans cette révolution amorcée. Mais ce n’est pas sans difficulté que certaines arrivent au bout de leurs rêves. Par contre, d’autres échouent ! Et pour plusieurs raisons.

Par Henry DOSSOU

Derrière cet anglicisme (startup), se cache de jeunes idées portées par des têtes créatives. Qu’elles soient de jeunes gens ou pas, elles se révèlent comme des maîtres-penseurs qui tentent de révolutionner leur monde. En principe, le mot « startup » est perçu comme de jeunes pousses d’entreprises qui utilisent le numérique pour atteindre un but donné. Le défi du 21 siècle impose d’ailleurs cette conception où tout semble se reposer sur cette technologie. Dans le secteur de l’agriculture, les startups ne sont pas restées en marge de la révolution. Prenant la dénomination de « AgriTech », ces jeunes entreprises proposent divers services en ligne. Certaines se sont spécialisées dans le calcul et la présentation de la météo, la fabrication de drones pour étude du sol, d’autres proposent en ligne les prix de vente des produits agricoles… Dans ce secteur, elles interviennent sur tous les fronts. De la production à la transformation en passant par la distribution des produits agricoles, ces jeunes entreprises révolutionnent chacune de ces branches en proposant d’autres approches de fonctionnement. Fort heureusement, au Bénin, l’univers des startups est en pleine progression. A la suite du Sénégal qui occupe actuellement la première place en Afrique de l’Ouest, selon les dires du Directeur Exécutif d’une association de développement à Parakou, le Bénin est perçu comme un leader dans la sous-région. « Le Bénin essaie de se positionner comme l’un des leaders. On essaie de rattraper le Sénégal qui est en tête du classement » affirme Géraud Aïhonnou, expert en communication digitale.

L’accompagnement des startups, une mission difficile

Au regard de l’importance des startups dans de nombreux secteurs d’activités dont l’agriculture, plusieurs projets ont vu le jour, en vue de les accompagner. On peut citer entre autres, le Forum Internationale pour le Développement de l’Entreprenariat en Afrique (Fidea). A sa 2ème édition cette année, ce forum par le truchement de son « Concours startups 2019 » s’est fixé un ambitieux objectif d’encourager 9 startups béninoises dans les secteurs de l’agriculture, du numérique et de l’Entreprenariat féminin. Un chèque de 2 millions est mis sur la table en plus d’un accompagnement personnalisé des experts du comité Fidea. Un appel à candidature est généralement lancé en vue de recenser les porteurs d’idées. C’est aussi le processus choisi par la structure Etrilabs, basée à Cotonou, et dont le nom de son projet « EtriStars » est à sa 3ème édition. Comme Fidea, EtriStars accompagne techniquement et financièrement les meilleurs projets de startups sélectionnés. Porté par l’Association « Je veux briller » (basée à Parakou), le projet « Solidarité » vise également les mêmes objectifs avec des ambitions diverses. A la différence des deux autres projets, « Solidarité » met l’accent en particulier sur les jeunes porteurs d’idées novatrices dans le département du Borgou. De son côté, le ministère béninois de l’agriculture a lancé le Projet de Développement de l’Agrobusiness au Bénin (Pdab). Le but visé de ce projet est aussi de révolutionner et promouvoir l’entrepreneuriat agricole dans les différentes régions du Bénin.  Au terme des trois ans de son partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) et l’Inde, le gouvernement béninois veut « appuyer 1000 jeunes entrepreneurs agricoles à devenir de véritable start-up, accompagner 10.000 petits producteurs dans leurs activités, et appuyer 35 agrégateurs, de même que 90% des jeunes demandeurs à obtenir le financement convenu auprès des Institutions de Microfinance ». Plus loin, le travail de la plateforme Agrifocus, du Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (Cta), des incubateurs des startups des universités d’Abomey-Calavi et de Parakou… ne peut être rangé aux oubliettes. Bien au contraire, il témoigne de l’intérêt qu’accordent ces différentes structures aux startups au Bénin. Pour Géraud Aïhonnou, l’expert en communication digitale, le monde ne peut plus se passer des startups. « Au regard de l’évolution du monde actuel où presque tout, tourne autour de la technologie, l’univers startup est indispensable » note-t-il. Le résultat de toutes ces actions est tel qu’on note un accroissement des startups dont certaines commencent déjà par porter leurs fruits. Par exemple et pour ne retenir que celles-ci, on peut noter le site jinukun.com qui se propose comme un interlocuteur sur le marché agricole. La Centrale Paysanne, qui se veut être une plateforme e-commerce des produits agricoles bio. Yara, elle autre, propose en ligne des produits agricoles du Nord Bénin aux consommateurs. A cela, il faut ajouter les jeunes entrepreneurs déjà encadrés par le ministère béninois de l’agriculture. La marche à gravir, toutefois, pour atteindre le sommet n’est pas aussi simple. Bien que beaucoup de personnalités accordent leur violon à accompagner les startups, il faut souligner qu’au Bénin, plusieurs difficultés viennent mettre à mal leurs plans. Dans un premier temps, c’est le manque de sérieux dans la pertinence des idées proposées. « La première difficulté, c’est de trouver des porteurs d’idées assez sérieux. La plupart des jeunes se lancent dans cette course parce que le terme startup est à la mode. Quand ils apprennent que tel à lever des fonds ou obtenu un financement, bien de jeunes essaient de trouver de bonnes idées pour convaincre les partenaires. Plus tard, lorsqu’ils se rendent compte que le processus est plus complexe, ils abandonnent » se désole l’expert en communication digitale Géraud Aïhonnou. Ensuite, il manque singulièrement des compétences au Bénin pour accompagner les startups. Par exemple, « le Bénin regorge peu d’experts en robotique. Accompagner une startup béninoise dans ce secteur est souvent une mission difficile. Dans ce cas, il faut faire appel à une compétence extérieure » cite l’expert. De surcroît, le manque de soutien de l’Etat béninois aux structures privées d’accompagnement fait défaut. Il va donc falloir corriger cette situation. Cela pour le plus grand bonheur des startups béninoises qui n’attendent juste que ce coup de pouce pour mieux faire.

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