POLITIQUE DU « ZÉRO DROIT DE DOUANE » : Le Bénin face à une fenêtre d’opportunité historique

Depuis le 1er mai 2026, le marché chinois s’est officiellement ouvert sans barrières tarifaires aux produits agricoles béninois. Une décision aux retombées potentiellement considérables pour un pays dont l’économie repose en grande partie sur ses filières agricoles.C’est à l’occasion du 39e sommet de l’Union africaine, tenu à Addis-Abeba en février dernier, que le président chinois Xi Jinping avait officialisé la mesure. Depuis le 1er mai 2026, la Chine applique un tarif douanier nul sur l’ensemble de ses importations en provenance des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Le Bénin figure en bonne place parmi les bénéficiaires.
Pour les acteurs du monde agricole béninois, l’annonce est accueillie comme une véritable bouffée d’oxygène. Les filières de l’anacarde, du soja et de l’ananas sont en première ligne. Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, s’est montré particulièrement enthousiaste, soulignant que le soja a progressé de plus de 28 % lors de la campagne 2025-2026, tandis que l’anacarde et l’ananas ont affiché des niveaux de production respectifs de 217 473 et 488 184 tonnes. Pour Yarou Abibou producteur d’anacarde, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre sur le secteur agricole « Nous produisons beaucoup, mais nous avons toujours eu du mal à tout écouler. Si la Chine ouvre ses portes sans taxe, cela change tout pour nous. C’est une chance que nous attendions depuis longtemps.» confie-t-il.
Par ailleurs, soulignons que le Bénin n’a pas attendu l’entrée en vigueur de la mesure pour se positionner. En mars 2026, le Bénin avait officiellement lancé les premières exportations de son ananas « Pain de sucre » vers la Chine, un produit désormais reconnu pour sa saveur unique sur les marchés asiatiques. Une avancée saluée par l’ambassadeur de Chine au Bénin, Zhang Wei, comme l’illustration concrète du renforcement des liens économiques bilatéraux.
Pour l’ambassadeur béninois à Pékin, Franck Adjagba, cette ouverture doit être saisie comme un levier de transformation structurelle. « il ne s’agit plus seulement d’exporter des matières premières brutes, mais de produire au Bénin, transformer localement et exporter vers la Chine sans taxation.» rapporte l’agence presse Xinhua. Une vision qui s’inscrit pleinement dans la dynamique de modernisation agricole portée par le gouvernement.
Moudachirou ALIOU




