HORTICULTURE BÉNINOISE : Le COLEAD met en lumière les freins liées à l’exportation

À Porto-Novo, les acteurs de la filière horticole se sont réunis le lundi 4 mai 2026 autour d’un enjeu majeur : lever les obstacles à l’exportation vers le marché européen. À l’initiative du Comité de Liaison Entrepreneuriat Agriculture Développement (COLEAD), avec l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD), une session de restitution d’étude a permis de faire le point sur les contraintes qui freinent la compétitivité du secteur au Bénin.
Organisée dans le cadre du Programme de Renforcement des Capacités Commerciales (PRCC), cette rencontre visait à présenter les résultats d’une étude approfondie, tout en ouvrant un cadre d’échanges pour identifier des actions concrètes et amorcer l’élaboration d’un plan d’action sectoriel. Elle a réuni divers acteurs de la chaîne de valeur horticole, notamment des représentants de l’administration publique, des institutions de recherche, des organisations professionnelles ainsi que des entreprises de production et de transformation.
Selon Jessica d’Almeida, Project Manager au COLEAD, la démarche adoptée repose sur une approche participative combinant analyse documentaire et validations de terrain. Au total, 37 acteurs clés ont été impliqués dans le processus.
« Cette démarche a permis de confronter les données théoriques aux réalités du terrain », a-t-elle indiqué, insistant sur la nécessité de mieux comprendre les contraintes structurelles et opérationnelles qui entravent le développement du secteur et limitent son accès aux marchés internationaux.
Les résultats de l’étude, présentés par l’agroéconomiste Freddy Pierre Padonou, mettent en évidence seize facteurs bloquants majeurs. Ceux-ci sont répartis selon leur nature et leur champ d’influence. Sur le plan institutionnel, l’absence d’un cadre réglementaire harmonisé avec les exigences de l’Union européenne constitue un frein important. À cela s’ajoute le manque d’une stratégie nationale clairement définie pour encadrer l’exportation des produits horticoles.
« Au Bénin, il n’existe pas encore de référentiel national aligné sur les normes de l’Union européenne », a souligné Freddy Pierre Padonou. Il a également relevé la faible coordination entre les structures en charge du contrôle sanitaire, un facteur qui complique davantage les procédures d’exportation.
Au-delà des contraintes institutionnelles, les défis logistiques pèsent lourdement sur la filière. Le coût élevé du fret aérien, combiné à des infrastructures de transport maritime encore peu développées, limite la compétitivité des produits béninois sur les marchés internationaux. Par ailleurs, l’accès restreint à des financements adaptés constitue un obstacle supplémentaire pour les acteurs du secteur.
Des pistes pour une transformation durable
Face à ces défis, l’étude propose sept axes stratégiques visant à impulser une transformation durable de la filière horticole. Parmi les principales recommandations figurent la mise en place d’un environnement institutionnel favorable aux exportations, le renforcement de la professionnalisation des acteurs et l’amélioration de la conformité aux normes internationales.
La modernisation des infrastructures logistiques, notamment à travers le développement de la chaîne du froid, ainsi que l’optimisation des solutions de transport apparaissent également comme des leviers essentiels. L’étude insiste par ailleurs sur la nécessité de renforcer les capacités productives et de promouvoir les bonnes pratiques agricoles afin de garantir la qualité des produits destinés à l’exportation.
Cette session de restitution marque ainsi une étape importante dans la dynamisation du dialogue entre les acteurs publics et privés. Elle ouvre la voie à une meilleure structuration de la filière horticole béninoise, appelée à relever des défis majeurs pour s’imposer durablement sur les marchés internationaux.
Fidélia YOVOHI




