MODERNISATION DE L’ÉLEVAGE AU KENYA : l’État mobilise 38,6 millions de dollars

Le gouvernement kényan veut renforcer les performances de son secteur de l’élevage, une filière qui contribue à hauteur de 40 % au PIB agricole et de 12 % au PIB national. Les autorités misent sur un nouveau programme d’investissement destiné à soutenir les éleveurs et à améliorer la compétitivité de la filière.
Le président William Samoei Ruto a annoncé le 1er juin, lors d’un déplacement dans le comté de Wajir, le lancement prochain d’un programme de 5 milliards de shillings kényans, soit environ 38,6 millions de dollars. Selon le ministère de l’Agriculture, ce projet ciblera principalement les communautés pastorales vivant dans les zones arides et semi-arides (ASALs).
À travers cette initiative, Nairobi ambitionne d’améliorer la productivité, de faciliter l’accès aux marchés et d’accroître les revenus de plus de 350 000 éleveurs répartis dans 21 comtés. Le programme prévoit notamment la création de County Livestock Investment Companies, des structures locales chargées d’organiser les producteurs et de leur faciliter l’accès au financement, à l’assurance et aux activités de transformation.
Le gouvernement espère également stimuler les exportations de viande, de produits laitiers et de cuir. Jusqu’ici, le secteur reste essentiellement tourné vers le marché intérieur. D’après le Bureau national des statistiques (Knbs), le Kenya a produit 641 000 tonnes de viande en 2025, mais seulement 35 000 tonnes ont été exportées. Dans la filière laitière, les exportations ont atteint à peine 8 000 tonnes sur une production totale de 5,52 millions de tonnes.
La filière demeure confrontée à plusieurs contraintes, notamment le déficit d’infrastructures de transformation, le sous-investissement et les effets récurrents de la sécheresse. Entre 2020 et 2022, le pays a perdu près de 2,5 millions de têtes de bétail à cause des conditions climatiques extrêmes.
Dans ce contexte, le succès du nouveau programme dépendra surtout de la capacité des autorités à améliorer durablement les infrastructures, l’alimentation animale et l’accès aux marchés afin de transformer le potentiel de l’élevage kényan en véritable moteur de croissance et d’exportation.
Moudachirou ALIOU




