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SEMENCES AMÉLIORÉES: La Tanzanie veut doubler les superficies cultivées d’ici 2030

Face aux défis de la sécurité alimentaire et du changement climatique, la Tanzanie accélère la modernisation de son secteur semencier. Le gouvernement ambitionne de porter à 6 millions d’hectares les superficies cultivées avec des semences améliorées d’ici 2030, contre environ 3 millions actuellement.

Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de développement du secteur semencier (TSSDS 2026-2030), adoptée le 4 mai dernier.
Élaborée en partenariat avec l’Institut international de gestion de l’eau (IWMI) et plusieurs partenaires techniques, cette feuille de route vise à renforcer durablement la performance du système semencier national.

Selon un communiqué publié le 25 mai par l’IWMI, les actions prévues porteront notamment sur le renforcement de la certification des semences, l’investissement dans la multiplication locale, l’amélioration de l’information de marché et une plus grande implication du secteur privé dans les chaînes de valeur agricoles. Le gouvernement prévoit également d’étendre son réseau d’agro-distributeurs de 3 000 à 12 000 points de vente afin de faciliter l’accès des producteurs aux semences certifiées, aux engrais et aux équipements d’irrigation.

Cette stratégie intervient alors que l’offre de semences améliorées affiche déjà une progression notable. Entre les campagnes 2020/2021 et 2023/2024, la disponibilité est passée de 44 581 à 72 031 tonnes, soit une hausse de 62 %. Cette évolution est attribuée au renforcement des capacités de l’Agence des semences agricoles (ASA) et de l’Institut national de recherche agricole (TARI).

Malgré ces avancées, la production nationale ne couvre encore que 56,4 % des besoins du pays. Si la filière maïs apparaît relativement structurée, d’autres segments, notamment les semences maraîchères, le soja et l’arachide, restent fortement dépendants des importations.

Pour les autorités, la réussite de la stratégie TSSDS sera déterminante pour consolider les acquis, réduire les déficits persistants et bâtir un système semencier capable de soutenir durablement la transformation agricole du pays.

Moudachirou ALIOU

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