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AGRICULTURE EN AFRIQUE DE L’OUEST : l’UEMOA dévoile une stratégie de transformation à l’horizon 2040

Face aux défis persistants de sécurité alimentaire et de transformation industrielle, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) veut changer d’échelle dans ses investissements agricoles. L’organisation régionale prévoit de mobiliser près de 6 000 milliards de FCFA (10,6 milliards $) d’ici 2040 afin de soutenir la modernisation des principales filières agricoles de l’espace communautaire.

Cette ambition a été réaffirmée le 1er juin à Bamako lors d’une rencontre entre les autorités maliennes et une délégation de la Commission de l’UEMOA. Selon les informations communiquées, ce portefeuille de projets s’inscrit dans le cadre d’un livre blanc élaboré par l’institution régionale autour de plusieurs chaînes de valeur stratégiques.
Au cœur de cette stratégie figurent trois filières jugées déterminantes pour l’avenir agricole et industriel de l’Union : les engrais et phosphates, le riz ainsi que le coton textile. À travers cette approche, l’UEMOA cherche à réduire la dépendance extérieure des États membres tout en renforçant la compétitivité des productions locales.
La question des engrais apparaît notamment comme un enjeu majeur. Faute d’une production locale suffisante, les pays de l’Union restent fortement tributaires des importations pour satisfaire leurs besoins agricoles. Selon la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), les achats d’engrais ont représenté en moyenne 543,5 milliards de FCFA par an entre 2020 et 2024, principalement portés par la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal.

La dépendance aux marchés extérieurs est encore plus marquée pour le riz, aliment de base dans la région. Malgré un potentiel agricole important, la production locale peine à suivre la progression de la demande. Résultat : les importations de riz, essentiellement en provenance d’Asie, continuent de peser lourdement sur les économies de l’Union. Entre 2020 et 2024, elles ont atteint en moyenne 1 627 milliards de FCFA par an, selon la BCEAO.

À l’inverse, la filière coton demeure l’un des principaux moteurs d’exportation agricole de l’espace UEMOA. En 2024, les exportations de fibre ont généré plus de 1 000 milliards de FCFA de recettes. Toutefois, le secteur reste faiblement industrialisé, limitant les retombées économiques locales.

À travers ce programme étalé sur quinze ans, l’UEMOA affiche ainsi sa volonté de renforcer la souveraineté alimentaire, stimuler la transformation locale et attirer davantage d’investissements privés. Mais la réussite de cette stratégie dépendra surtout de la capacité des États membres à coordonner leurs politiques agricoles et à assurer un financement durable des projets identifiés.

Moudachirou ALIOU

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